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Bandhas

24 Juin 2013, 23:54pm

Publié par Association Ananda

Bandhas

LES BANDHAS ou contractions

Le terme Bandha signifie « ligaturer, saisir, maintenir, verrouiller, bloquer, arrêter ». Lorsqu’il est pris, le Bandha bloque le flux énergétique vers une région du corps. Puis, quand il est relâché, l’énergie y afflue vivement, avec une pression accrue. Ils ont pour but de régulariser la circulation du prana (énergie vitale) par le relâchement des nœuds (blocages ou Granthis) qui entravent la circulation pranique dans les canaux subtils.

Les bandhas sont considérés comme des pratiques avancées en yoga et permettent de faire prendre conscience du fonctionnement musculaire des certaines régions du corps, habituellement pas sollicitées : Gorge - diaphragme - périnée


Par un entrainement approprié et persévérant, on peut obtenir par commande volontaire la contraction sélective de groupes musculaires précis.

Les Bandhas renforcent l'efficacité des pratiques du pranyama, des postures et favorisent la canalisation, l'accumulation et l'orientation de l'énergie vitale, prana vers la Sushumna.

Ils sécurisent ainsi la pratique et régularisent ainsi les chakras correspondants : Muladhara Chakra, Manipura Chakra et Vishuddhi Chakra..

Les Bandhas se pratiquent avec la respiration, notamment avec les moments de rétention du souffle:

  • soit poumons pleins (Antara Kumbhaka)
  • soit poumons vides (Bahya Kumbhaka).

Les 3 Bandhas sont :

  • Mula Bandha – fermeture anale, par la rétraction des muscles du périnée
  • Uddiyana Bandha - élévation du diaphragme, par rétraction abdominale
  • Jalandhara Bandha – fermeture de la gorge

Les quatrième Bandha est :

  • Maha Bandha – pratique des trois Bandhas en même temps.

Bandhas

PÉRINÉE ou plancher pelvien

Mula-bandha ou ligature du chakra racine ou verrou de muladhara

Les avis divergent sur la pratique de mula bandha. Chaque école a une vision différente. Je vous livre ma pratique enseignée par Ora Joseph (yoga de l"énergie), Christian Tikhomiroff (Natha Yoga)...

Mûla bandha est la contraction du sphincter externe de l’anus. Cette zone correspond à un âdhâra, mûlâdhâra, et est le siège d’apâna, l’énergie excrétrice, celle qui vide, qui dilue, qui tire vers le bas, qui entraîne l’individu dans l’animalité, l’énergie qui s’oppose à l’esprit. Mais c'est aussi le lieu où l'énergie sexuelle trouve ses appuis solides, en lien avec la terre. Elle permet de trouver la verticalité, la plénitude et de renouer avec l'esprit.

Mûlabandha est donc un geste qui permet d’inverser le courant de l’énergie apâna, de créer une alchimie dans notre énergie animale, de la diriger vers la conscience. En inversant ce courant on élimine la fuite la plus importante de sa structure énergétique. La conséquence est un bénéfice de puissance important rendant tout plus facile dans notre vie et, dans le temps, le désamorçage des pulsions négatives.

Christian Tikhomiroff explique comment s’entraîner à mûla bandha

La technique n’est pas difficile à expliquer, il suffit de serrer d’une manière stable le sphincter externe de l’anus. Il ne faut pas le serrer trop fort mais d’une façon continue, sans relâchement ou variation d’intensité. Quand on commence, on pense rapidement que cela est impossible. On passe son temps à contracter l’anus et à s’apercevoir qu’on l’a relâché inconsciemment. Quand on arrive à maintenir mûla bandha une minute d’affilée, on s’estime content. Il n’y a d’autre méthode que de faire et refaire, avec obstination mais sans contraction. Il faut le faire chaque fois que c’est possible. Dans toutes les techniques du yoga bien sûr, puisque sa présence est indispensable, mais aussi dans la vie, en toutes situations, et même quand on s’endort ou se réveille, à chaque fois qu’on y pense.

Il peut être pratiqué en technique autonome, en assise. Immobile, on concentrera son attention sur la stabilité du geste, la respiration sera légère, on portera son regard sur la pointe du nez, les yeux ouverts ou fermés. Au bout de quelques minutes, on devrait sentir « quelque chose » dans l’axe, dans la zone de la colonne vertébrale, comme un frisson, une vibration, un étirement. C’est bon signe, cela signifie que la technique commence à agir sur l’énergie.

On peut également utiliser les postures qui font écarter les jambes, comme kûrmâsana, mahâkonâsana, pashâsana. Certains souffles qui activent le ventre sont propices, comme bhastrikâ.

Au fur et à mesure de l’entraînement, tout devient plus facile, plus automatique. Un jour on constate que cette contraction de l’anus s’est installée naturellement, qu’il n’y a plus d’effort à faire, tout se fait tout seul. C’est gagné, et tant au niveau de la santé, de la jeunesse, de la puissance, de l’énergie que de la stabilité personnelle, on récolte pleinement les fruits de plusieurs années d’attention. On aura bien sûr eu quelques cueillettes avant.

Pour Van Lysebeth, Mula bandha est une contraction poussée et longue du sphincter anal et donc du muscle releveur de l'anus, de tous les muscles du plancher pelvien et du bas ventre, repoussant donc tous les viscères vers le sacrum et aussi des sphincters anaux interne et externe.

Dans le texte fondateur du Hatha yoga, la Gheranda Samhità (artickes 14 à 17), Mûlabandha, contraction de la base est décrite ainsi :
Appuyer le talon du pied gauche sur le périnée en contractant le rectum. En rétractant le ventre, presser le nœud du nombril tout contre l'axe du Meru (la colonne vertebrale). A l'aide de la cheville droite, faire une ferme ligature en l'appuyant soigneusement contre le membre viril. Cette mudrâ qui arrête le vieillissement mûlabandha,
L'homme qui désire traverser l’océan de l'existence conditionnée doit pratiquer cette mudra en secret dans un endroit retiré. Par la pratique de cette contraction on acquiert le pouvoir de stabiliser l'énergie du souffle. On doit donc l'exécuter en silence et sans indolence.

Les Ashvini- Mudra, le geste de la jument. Une préparation à Mula Bandha.

Mudra, c'est le geste de la contraction ou tenue, maintien, scellement énergétique.

Mula-bandha se différencie d'asvini-mudra en ceci qu'il n'y a pas ici d'alternance entre dilatation et contraction.

Van Lysebeth explique dans son livre "Pranayama" : après avoir expulsé son crottin, la jument dilate et contracte plusieurs fois l'anus. Ashvini-bandha imite ce mouvement ; c'est l’apprentissage du contrôle du sphincter anal.

Ce sphincter se trouve habituellement contracté pour refermer l'orifice du tube digestif ; c'est sa position normale, il ne se relache qu'au moment de l'excrétion. Ashvini est la combinaison de deux mouvements : contraction volontaire (se retenir quand on a besoin d'aller à la selle) et dilatation volontaire (faire un effort de poussée.

Gueranda explique : Ashvinîmudrâ. Le geste de la jument.
Contracter le sphincter anal puis le dilater ; répéter l'opération sans cesse.C'est ce que l'on appelle ashvinîmudrâ. Ce geste provoque le réveil de l'énergie (kundalinîshakti)

Bienfaits: Renforce le plancher pelvien, soulage les hémorroïdes et les congestions au niveau de la zone pelvienne. Calme le système nerveux autonome, apaise et relâche l'esprit, donne force et bien être. Sur le plan spirituel, Mula Bandha active et purifie le Chakra Muladhara. Il éveille la conscience endormie et la Kundalini Shakti.

Bandhas

DIAPHRAGME

Uddiyana Bandha ou verrou abdominal

Dans Uddiyana Bandha, 3 sortes d'énergies sont sollicitées et redirigées : Apana, Prana et Samana, respectivement situées dans le bas ventre, dans la poitrine et au centre de l'abdomen. Uddiyana Bandha pousse Apana et Prana à s'unir dans Samana, le résultat étant l'éveil d'un nouveau type d'énergie.

Dans la GHERANDA SAMHITÂ, Gueranda décrit. Uddîyânabandha., comme la contraction de l'envol, la meilleure des contractions et dont la pratique régulière mène à la libération qui devient alors l’état naturel.

Rétracter le ventre vers l'arrière et tirer vers le haut la partie située au-dessus du nombril. C'est grâce a cette contraction que les « grands oiseaux » (les souffles vitaux) prennent sans cesse leur envol. Uddîyâna est comme un lion qui dompte l'éléphant de la mort.

(articles 10 et 11, Les gestes ou sceaux Mudrâ )

Pour pratiquer : Expirez complètement et restez en rétention poumons vide. Prendre appui avec ses mains sur les genoux, le buste légèrement penché en avant, dos droit le menton pressé contre le sternum. Concentrez-vous sur Manipura Chakra. Rentrez l'abdomen grâce à l'effet de succion exercée par la rétention poumons vides, poussez les muscles abdominaux vers l’intérieur et vers le haut dans la cavité abdominale aussi loin que possible. Maintenez la posture aussi longtemps qu’elle vous est confortable. Relâchez la tension musculaire et redressez lentement le corps sur une inspiration profonde.

- Ne pas attendre le dernier moment pour reprendre son souffle sinon cela fait tousser.
- Si des vertiges se font sentir, ne pas insister.
- Cette technique doit absolument être pratiquée avec l'estomac complètement vide.

Bienfaits: Active le Chakra Manipura et le plexus solaire. Stimule l’activité intestinale et soulage la constipation. Stimule le pancréas et est bénéfique en cas de diabète. Renforce le système immunitaire. Équilibre l’esprit, calme l’irritabilité et la colère et dissipe les humeurs dépressives.



Contre-indications
- Ulcère à l'estomac
- Blessure de la paroi abdominale
- Hypertension ou hypotension
- Problème cardiaque

Bandhas

GORGE

Jalandhara Bandha

Jalandhara Bandha concerne la zone de la gorge avec Vishuddha chakra.

Pour pratiquer : Inspirez et retenez la respiration. Placez les mains sur les genoux,soulevez les épaules et basculez légèrement le corps en avant en gardant le dos droit. Pressez fermement le menton contre la poitrine ou entre les clavicules de façon à bloquer fermement la gorge. Concentrez-vous sur le Chakra Vishuddhi et retenez le souffle aussi longtemps que possible. Relevez la tête et sur une longue expiration et revenez dans la position de départ. Respirez normalement dans cette position pendant quelques instants.

Tu obtiens aussi Jalandhara Bandha en baissant légèrement le menton, posant ta langue en haut du palais et en souriant légèrement. Jalandhara Bandha conduit l’énergie accrue à travers la colonne vertébrale en une spirale vers l’avant.

Bienfaits: Cet exercice réveille les centres d’énergie internes, en particulier le Chakra Vishuddhi. Il améliore la capacité à retenir la respiration pendant longtemps et développe la concentration. Il est bénéfique en cas de maladies de la gorge et régule les fonctions de la thyroïde.

Gheranda explique que par la contraction de jalandhara les seize supports (adhara) sont ligaturés et ainsi on peut conquérir la mort.
Cette contraction, ou littéralement «ligature du réseau» donne aux yogin tous les pouvoirs occultes. Après six mois de pratique assidue, on devient sans aucun doute un siddha.

(articles 12 et 13, les Mudras - Gheranda Samhità)

Bandhas

Maha Bandha - Le grand Bandha

Pour pratiquer : Inspirez profondément et expirez complètement par la bouche. Bloquez la respiration. Placez les mains sur les genoux, soulevez les épaules et basculez légèrement le buste en avant en gardant le dos droit. Prenez Jalandhara Bandha et concentrez-vous sur le Chakra Vishuddhi. Prenez Uddiyana Bandha et concentrez-vous sur le Chakra Manipura. Prenez Mula Bandha et concentrez-vous sur le Chakra Muladhara . Gardez la posture avec les trois Bandhas maintenus aussi longtemps que vous pouvez retenir aisément votre souffle. Relâchez chaque Bandhas en suivant l’ordre dans lequel vous les aviez pris. Inspirez profondément et revenez dans la position de départ. Respirez normalement et restez un moment dans cette posture.

Bienfaits: Bénéfique pour la santé de l’ensemble du corps, en particulier le système nerveux autonome, les organes internes, les muscles et les nerfs. Exerce une influence positive sur l’esprit.

Il agit puissamment sur l'énergie pranique et stimule fortement l'énergie psychique en apprenant au mental à s'intérioriser. Il est recommandé pour introduire les pratiques méditatives et soutenir la recherche spirituelle.

Extrait de La vie dans la vie de Shrî Anirvân: source L'arbre intérieur

Il y a beaucoup à dire du rôle secret des "trois serrures" du corps. Un certain automatisme est à acquérir peu à peu pour conserver la force et l'énergie en soi pendant les moments d'intériorisation. Il s'agit d'un automatisme de détection pour surprendre toute forme de contraction car la plus légère tension indique une direction fausse.

1.Lorsque toutes les contractions du corps et de la pensée seront tombées, le menton s'abaissera de lui-même sur la poitrine.
Ce mouvement se fait tout seul. Il correspond à une certaine chute de tension dans la colonne vertébrale qui défait les noeuds des nerfs. Ensuite, spontanément, l'abdomen prendra une forme concave. Ces deux mouvements sont si rapprochés qu'il n'en forment vraiment qu'un. avec un léger temps de décalage.

2.Un second mouvement automatique suivra: celui de la poitrine sortante sans rien de durci. Cette position amènera de soi-même l'état suivant.

3.A ce moment-là, sans aucun mouvement volontaire, l'anus se fermera sans qu'il y ait contraction, donnant à l'energie la direction montante. Il est le point nadir d'un courant qui doit être maintenu. Si cette serrure n'est pas fermée, ce sera l'envahissement progressif du corps intérieur par les sentiments dépressifs et négatifs qui n'ont rien à voir avec le domaine de la sensation réelle.

Gheranda décrit deux mudras :.

Mahâbanda. La grande contraction.
Appuyer la cheville du pied gauche sur le perinée et, à l'aide du pied droit, faire pression sur cette cheville énergiquement et avec soin. Faire mouvoir très lentement le talon en contractant le rectum sur le même rythme. Retenir l'énergie du souffle (prâna) en pratiquant jâlandhanrabandha. C'est ce qu'on appelle mahâbandha, la grande contraction la meilleure des contractions. Grâce à lui on peut vaincre la vieillesse et la mort. Sa vertu est telle qu'en le pratiquant on réalise tous ses desirs.

et Mahavedhamudrâ. Le geste de la grande perforation.

Mûlabandha et mahâbandha sont aussi vains sans mahavedha, la grande perforation, que la beauté, la jeunesse et le charme d'une femme privée d'un homme pour mettre en valeur ces qualités.

Pratiquer la grande contraction mahabandha, puis faire une rétention du souffle avec uddîyâna. Telle est mahâvedha, la grande perforation, qui donne aux yogin les pouvoirs occultes


Celui qui s'exerce chaque jour à mahâbandha. et â mûlabandha en les associant à mahâvedha, ne craindra plus ni moir ni vieillesse. Les yogin doivent garder secrète cette perforation.

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