ananda
vivre l'instant yoga en Guadeloupe
connection au Soi
Extrait d'un article de Marie Ghillebaert (Yoga Nova),
ce texte sur la libération et la concentration,
éclaire simplement,
à travers l’analogie de l’oiseau,
l'art du yoga.
Passionnant...
Comme nous le savons, le Yoga nous invite plutôt à orienter notre intérêt sur ce qui se passe au-dedans de nous, à rassembler notre intention, notre attention, notre présence et notre conscience dans cet espace limité mais pourtant si vaste dans lequel il nous est donné de vivre.
Il n’est pas rare d’entendre dire que le Yoga est une pratique égocentrique qui consisterait à s’émerger en soi, devenant ainsi hermétique à tout ce qui se passe autour. « Ahhh ! Mon Dieu, qu’ils sont narcissiques tous ces yogis retirés au fin fond d’eux-mêmes !…».
En vérité, cette connection au Soi n’est en rien excluante. C’est en favorisant régulièrement – ou plutôt c’est en conservant constamment – l’ancrage dans notre identité corporelle, mentale et énergétique que nous nous établissons dans un contentement permanent (Samtosha). Et c’est ce contentement qui nous permet d’accepter tels qu’ils sont le Monde et tout ce qui le compose avec bienveillance et même au-delà : avec amour.
Pour aller plus loin, on peut même dire que, tout comme il n’y a pas d’inspiration sans expiration, il ne peut y avoir de diffusion sans « concentration » (Ici, le terme « concentration » renvoie surtout à l’idée de rassembler son énergie au cœur de soi).
En l’absence de cette « concentration », de ce rassemblement, de cet ancrage, l’ouverture au Monde risque presque inévitablement d’être source de dispersion, de perturbation et parfois même de destruction.
Rechercher – et, espérons-le, trouver – la stabilité dans le Soi nous apporte une assurance (que l’on pourrait traduire par Shraddhâ, la Foi) grâce à laquelle nous pouvons nous enrichir de notre expérience du Monde parce que celle-ci n’est plus vécue dans une souffrance paralysante et atrophiante (insatisfaction, déception, frustration, …). Cela ne revient pas à dire que la souffrance n’existe plus. Simplement, plutôt qu’être propice à l’apitoiement, à la plainte, à la résignation et au malheur, cette souffrance est recyclée de façon positive, comme une chance de pouvoir évoluer et avancer.
Avancer…
Dans la Taittirîya Upanishad, à travers l’analogie de l’oiseau dont le corps représente l’Union (Yoga) ; la queue, le Soi (Mahattattwa) ; l’aile droite, la droiture (Rita) ; l’aile gauche, la Vérité (Satya) ; et la tête, la Foi ferme (Shraddhâ), il est dit que personne ne peut avancer spirituellement sans cette Foi que l’on trouve grâce à l’Union au Soi (Mahattattwam Yoga), et donc au Grand Tout (Ishvara) : « Sraddhavan Labhate Jnânam » (celui qui est établi dans une Foi ferme atteint la Sagesse).
Sans ancrage dans cette Foi, l’oiseau décapité est condamné à errer, poussé en toute direction par tous les vents. Il n’avance pas, il tourne en rond, gaspillant ainsi toute son énergie dans le Néant. Nous en revenons à la Liberté. L’oiseau désorienté qui tourne en rond dans un ciel sans limite dont il ne maîtrise rien, même pas son propre vol, n’est guère plus libre qu’un oiseau enfermé derrière les barreaux d’une cage dans laquelle il s’est lui-même emprisonné.
La foi est un oiseau qui ressent la lumière alors que l’aube est encore bien sombre -Rabindranath Tagore
C’est la Sagesse (Jnâna) atteinte par Shraddhâ qui est libératrice (Tharakam), alors que la connaissance acquise sans assise dans le Soi et donc sans fondement dans la Foi est pourvoyeuse d’un attachement (Marakam), comme un fil à la patte, porteur d’insatisfaction et de souffrance.
L’ancrage en Soi, loin de nous mettre du plomb dans l’aile, nous procure non seulement l’impulsion confiante qui est indispensable à notre envol mais aussi l’endurance qui nous est nécessaire pour continuer à avancer avec Foi vers la Sagesse.
Dans les Yoga-Sutra, on retrouve d’ailleurs cette notion de constance dans une seule et droite direction sous les termes de « eka tattva abhyâsa »1 comme prévention aux obstacles qui nous détournent et nous empêchent de progresser vers la Libération.2
Au-delà de la métaphore de l’oiseau, la Taittirîya Upanishad décrit surtout la représentation symbolique de l’interrelation à l’oeuvre entre les 5 enveloppes (Kosha) qui se superposent sur l’Atman, l’Etre dans son essence la plus pure et la plus profonde.
La première couche, Annamaya-kosha, correspond à notre enveloppe nourricière, le corps de chair.
La seconde couche, Prânamaya-kosha, représente l’enveloppe vitale ou subtile, c’est le Souffle qui unit le corps et l’esprit.
La troisième couche, Manomaya-kosha, est constituée de notre mental (Manas) et de toutes les impressions qui y sont enregistrées à travers nos organes sensoriels (Indriyas).
C’est dans la quatrième couche, Vijnânamaya-kosha, que l’on retrouve la Sagesse symbolisée par l’oiseau, avec la coexistence de Rita (la Justesse, le respect de soi et des autres), Satya (la Vérité), Yoga (la discipline qui conduit à l’Union), Mahattattwa (le Soi) et bien sûr Shraddhâ (la Foi).
Shraddhâ est éternelle, immortelle et immuable dans les trois périodes du temps (passé, présent, futur), en tout et en chacun. Et le dualisme qui consiste à croire que tout est séparé (le blanc-le noir, le chaud-le froid, le masculin-le féminin, le jour-la nuit, l’esprit-le corps, le bien-le mal, toi-moi, etc.) n’est que le fruit de l’Ignorance (Avidya). Il s’agit d’une illusion fabriquée par l’ego (Asmita klesha).
Et, parce qu’elle entraîne confusion et dispersion, cette illusion nous pousse à battre des ailes en tout sens pour chercher au-dehors de nous ce qui s’y trouve déjà. Car, en vérité, une partie de tout et de chacun se trouve en nous et une partie de nous se trouve en tout et en chacun : « Advaita Darshanam Jnânam » (l’expérience du non-dualisme est Sagesse).
Alors, enfin, la cinquième couche, vers laquelle Shraddhâ nous dirige, est Anandamaya-kosha, l’enveloppe de la Félicité (que l’on peut aussi traduire par Béatitude ou par… Libération), l’Homme s’y trouve au plus proche de l’Atman, le Soi, qui est sa nature véritable, à savoir sa nature spirituelle.
Et la nature de l’oiseau est de se libérer. Il n’est pas fait pour rester prisonnier de la cellule de son ego, dont chaque barreau le sépare du reste du Monde.
La nature de l’oiseau est de s’élever. S’élever haut dans son Ciel. Haut dans Le Ciel. Le Ciel où Le Tout est en chacun de nous.
La nature de l’oiseau est de déployer son cœur et ses ailes. Avec Foi. S’il tombe, les nuages seront toujours là pour le rattraper et le porter.
1 « Tatpratishedhârtham-ekatattvâbhyâsah », Yoga-Sutra I.32
2 Ces obstacles sont énoncés dans l’aphorisme I.30 : « Vyâdhi-styâna-samshaya-pamâda-âlasya-avirati-bhântidarshana-alabdhabhûmikatva-anavasthitatvâni-cittavikshepâh-te-antarâyâh ». Il s’agit de la maladie (Vyâdhi), l’apathie (inertie physique et mentale, Styâna), le doute (absence de Foi, Samshaya), la négligence (dispersion énergétique, Pamâda), l’indolence (manque d’enthousiasme et d’implication, Alasya), la tentation (avidité, Avirati), l’errante vision (égarement, illusion et orgueil au sujet de soi, Bhântidarshana), la stagnation (blocage et résistance face à l’évolution, Alabdhabhûmikatva) et la régression (instabilité et recul, Anavasthitatvâni)
http://asso-ananda.over-blog.com/2014/04/les-upanishad-boite-a-tresor-du-yoga.html
terre
La Médecine Traditionnelle Chinoise définit une saison comme un processus dynamique se manifestant par un commencement, une phase de croissance, une apogée, une phase de décroissance, soit une succession de transformations qui s'opèrent à l'échelle planétaire sur l'ensemble du monde vivant.
Le concept traditionnel chinois présente une vision évolutive du mécanisme des saisons.
Ainsi chaque saison est elle-même précédée d'une période de «transition», faisant référence au concept de transformation énergétique «Qi Hua» qui permet la mutation des caractéristiques de l'énergie.
L'année est ainsi découpée en 4 saisons (de 10 semaines environ) et 4 intersaisons (de 18 jours).
Après la phase printanière de l'hiver, survient l'intersaison entre hiver et printemps, qui ouvrira l'arrivée du printemps dans sa phase hivernale.
L'apogée du printemps se situe au moment de l'équinoxe (21 mars) puis vient sa phase décroissante et estivale, pour arriver à la transformation énergétique du printemps à l'été.
Selon cette logique, à partir du 18 janvier (appelé «grand froid») nous entrons dans l'intersaison hiver-printemps, jusqu'au 4 février : commencement du printemps.
S'ensuit la phase hivernale du printemps (18 février «la pluie», 5 mars «réveil des insectes») puis l'équinoxe de printemps au 21 mars (apogée) et enfin la phase estivale du printemps (5 avril «pure lumière», 20 avril «la pluie des céréales»).
Cette approche des rythmes saisonniers est fondamentale dans la conception de la Médecine Traditionnelle Chinoise car elle permet d'être physiquement et psychiquement en adéquation avec notre environnement terrestre.
Enfin la théorie de la Médecine Traditionnelle Chinoise attribue à chaque saison une influence particulière sur une sphère énergétique : en hiver, il s'agissait de l’organe Rein associé à la Vessie, au printemps, il s'agira du Foie associé à la Vésicule Biliaire.
Au printemps, la couleur dominante est le vert, l'élément est le bois, l'émotion est la colère.
C'est la saison du vent et du mouvement.
Les intersaisons sont influencaient par la Terre, et donc la Rate et l'Estomac.
En cette période, rééquilibrer l'énergie rate-estomac
Tout ce qui vient de l’extérieur doit être « digéré » par l’organisme. Les aliments, bien sûr, mais également l’air que l’on respire, les matières que l’on touche, les images que l’on voit, les sons que l’on entend.
S'alimenter avec sagesse. Manger moins en privilégiant aliments doux et cuits, boire chaud.
Digérer ses émotions, en les laisser nous traverser, sans les retenir ni les fuir.
Se relier à la Terre
Avant de s’alléger, il est indispensable de renforcer sa stabilité et son enracinement dans la terre. Tentez cet exercice de visualisation :
Retirez vos chaussures et asseyez-vous par terre en tailleur.
Fermez les yeux, respirez lentement et profondément pendant 2 minutes.
Puis, pendant 3 minutes, visualisez une grande corde lumineuse, d’un feu intense, entre votre nombril et le centre de la terre.
Continuez de respirer lentement en gardant bien cette image en tête, et laissez-vous envahir par vos sensations.
Lorsque vous avez fini, buvez un grand verre d’eau.
A renouveler chaque fois que vous en ressentez le besoin.
sources :
- http://asso-ananda.over-blog.com/2013/11/terre.html
- B.huret, MTC
décélération
Petit partage d'un article
écrit par Anne Laure Gannac
dans la revue Psychologies.
A méditer.
Belle lecture.
Le jour où j'ai décéléré
Pourquoi ralentir ? Et, surtout, comment ? Habituée à vivre vite, notre journaliste a tenté l’expérience. Et a découvert, à sa grande surprise, les bienfaits de la décélération. Confessions d’une ex-femme pressée.
Au bureau, ma chef m’appelle Lucky Luke, et ce n’est pas pour mes paires de bottes ou mes gros ceinturons. J’ai toujours tenté de dégainer plus vite que mon ombre, je n’y peux rien, je suis née pressée. Enfant, je voulais être adulte. Comme tous les enfants, bien sûr. Mais un peu plus, sans doute. À 2 ans, je me levais tôt pour préparer mon petit déjeuner seule, raconte-t-on en famille : « Toujours tout fait plus vite, plus tôt que tout le monde. » Qui préférerait s’entendre dire qu’il a toujours tout fait plus lentement, plus tard que les autres ? La vitesse parle de précocité, d’autonomie puis d’efficacité, de rentabilité… Elle soulage les parents, satisfait les employeurs, arrange les amis qui n’ont jamais à attendre aux rendez- vous. Aussi n’est-ce pas sans une pointe de fierté que j’admets être du genre rapide. Pour moi, être en avance, c’est être à l’heure et, être à l’heure, c’est déjà être en retard. « Avez-vous une idée du retard que vous cherchez à rattraper ? » me demande un jour une psychanalyste. « Retard » ne m’évoque rien d’autre que le lapin d’Alice au pays des merveilles. Toujours pressé. Évidemment, il a rendez-vous chez la reine : cela vous met plus d’un lapin en état d’urgence. Quant à ce verbe, « rattraper »… Il n’y a guère qu’un écart qu’il me soit impossible de rattraper : les huit années qui me séparent de ma soeur aînée et admirée… Un de ces moments magiques de l’analyse où, soudain, le plafond se fendille et laisse apparaître une évidence. Viennent également sur le tapis de son cabinet mon inquiétude à l’idée de « rater quelque chose », la sensation insupportable de rester sur mes acquis, de voir le monde avancer tandis que je stagnerais, de « prendre racine », consciente qu’il y a là bien des angoisses à apaiser.
Je ne veux renoncer à rien
Mais je n’ai pas que cela à faire. Allongée sur ce divan durant quarante-cinq minutes, en pleine journée, ce n’est pas la position que je préfère. Enfant, j’ai vu mes parents constamment debout ou à table. Eux-mêmes n’ont jamais vu leurs parents vivre autrement qu’en pleine action. « Il y a toujours quelque chose à faire », répétait ma grand-mère, et « Ne flânent que les bons à rien ». Dotée de cet héritage, je suis en effervescence dans Paris, ce « refuge pour les infirmes du temps présent » (in L'homme pressé, de Paul Morand - Gallimard 1990), et dans cette époque, qui a fait de l’urgence un mode de vie. Dans une société qui confond vitesse et précipitation, les plus lents et les moins réactifs sont suspectés de freiner la marche du progrès. « Derrière le mythe de l’urgence, il y a la garantie du dépassement, de l’extrême limite, de l’excellence, de la performance, et pour ainsi dire de l’héroïsme », remarque la sociologue et psychologue Nicole Aubert.
Alors j’accélère, et joyeusement. Un sentiment de puissance m’étreint : je tiens mon temps par les rênes, je le dompte et le maîtrise. Pour un peu, je pourrais le compresser, l’écraser… le tuer. Pierre Niox, l’« homme pressé » de l’écrivain Paul Morand, se plaignait de ne pouvoir faire qu’une seule chose à la fois, « ce qui nous retarde tellement ». C’était dans les années 1940. Moi, j’ai mon téléphone portable, mon ordinateur, mes messageries…, technologie mise au service de mes fantasmes de démultiplication. Me voici dans la peau d’une sorte de Vishnou spatio-temporelle, capable de réaliser de multiples tâches dans l’instantanéité, ou presque, de mes désirs. Pouvoir tout faire, ne renoncer à rien, jouir du maximum : je ne doute pas que des fantasmes de toute-puissance sous-tendent mes pics d’accélération. « Je vais vite, très vite / J’suis une comète humaine universelle / Je traverse le temps », chantait, il y a quinze ans, avec Noir Désir, une génération (la mienne !) insolente d’aspirations. Cet Homme pressé (sur l'album 666,667 de Noir Désir) est devenu l’hymne de l’individu moderne dans toute sa prétention à profiter de l’existence à la puissance mille. Pourtant, comment profiter de quoi que ce soit, à ce rythme ?
Je fais l'expérience de la paix
« Si tu ne trouves pas le calme, ici et maintenant, tu le trouveras où et tu le trouveras quand ? » La phrase a sur moi l’effet d’un électrochoc. Assise en tailleur sur un zafu, un coussin de méditation, face à un mur blanc, comme la vingtaine d’autres personnes venue participer à cette sesshin ( Retraite de méditation intensive, suivie, en l’occurrence, au Centre Dürckheim, à Mirmande - Drôme, dirigé par le maître zen Jacques Castermane) , je viens de prendre un coup dans le ventre. Je la connais cette citation de maître Dôgen, moine bouddhiste japonais. Mais, ici, dans le silence du dojo, et prononcée comme une douce évidence par Jacques Castermane, maître zen, elle me fait monter les larmes aux yeux. Cette notion de calme, soudain… Oui, c’est bien cela, en effet, que je cherche à atteindre dans l’urgence. Le calme. Cet état tant espéré, attendu, sans cesse reporté à « après » : « une fois ce dossier bouclé », « une fois les enfants couchés », « une fois en week-end »… La phrase de Dôgen m’émeut par la brutalité avec laquelle elle me révèle combien je fais fausse route : il n’y a rien à « faire » de particulier pour trouver le calme. Rien. « La vie, poursuit Jacques Castermane, ne commence pas après la vaisselle ou après le balayage : savoure chaque instant que tu vis. » Et cette saveur exige inévitablement de la lenteur. Ralentir, c’est ressentir. Vivre le présent dans toute sa capacité à nous rassasier de calme. « Zazen, c’est la rupture. Rupture avec notre quotidien, nos habitudes. C’est, de fait, l’occasion de se regarder être. Et de constater que, le plus souvent, nous n’agissons pas, nous réagissons : réactions mentales, émotionnelles, physiques…
Zazen, c’est la voie de l’action. » « Action » : ce mot que je fais habituellement rimer avec précipitation et multiplication d’expériences se résume ici à ce que vit mon corps dans l’immobilité. Cela me paraîtrait fou si je n’étais pas en train de le ressentir à travers ma respiration et mon léger balancement qu’elle provoque naturellement. Les pensées m’assaillent, envie de bouger, des fourmis dans les pieds… « L’ego n’aime pas cette rupture avec son fonctionnement habituel. Alors il intervient : les pensées, de nouveau, nous habitent, inutiles. Pour arrêter leur flux, il nous faut retrouver l’attention à la respiration. » Et, sans cesse, « tout reprendre à zéro ». L’expression me rassure : elle me rappelle qu’il est toujours possible de revenir au calme. Entre deux séances de vingt-cinq minutes de zazen, cinq minutes de kin-in : l’expérience est la même, mais se vit debout, en marchant lentement. Très lentement. Dans une lenteur que je ne mesure plus, je tente de me laisser porter par le balancement d’un pied sur l’autre, doucement, je sens que chaque jambe travaille intensément, hanches, fesses… Coureuse de fond, j’apprends à marcher. « Zazen est terminé, l’exercice continue », invite Jacques Castermane. À l’extérieur du dojo, en préparant le repas, en dressant la table, en balayant la cour, je m’efforce de rester dans cette pleine conscience, attention précise à chaque action – qui, de fait, est lenteur.
Étonnamment, cela ne me demande aucun effort : je n’ai pas la sensation de me contraindre à ralentir, mais de suivre un rythme interne qui tombe juste. Mon rythme. Je me sens bien. Après quatre jours au Centre Dürckheim, je ne suis plus moi. Ou, plutôt, j’ai l’impression d’être moi comme jamais. D’avoir été remise à l’endroit, de marcher vraiment, de respirer vraiment. Quelque chose comme un retour à l’essentiel qui rend impensable toute nouvelle fuite en avant. J’existe, j’en suis consciente, cette action en soi me suffit pour ne pas ressentir le besoin d’en accumuler dix en même temps. Mais, ce que je peux ici, dans l’atmosphère paisible et bienveillante du centre, est-ce que je le pourrai chez moi, à Paris, dans ma vie rythmée par les impératifs, les délais et par les agitations de la foule stressée ? J’en doute sérieusement.
Et j’ai raison. De retour dans mon quotidien, je me sens tortue dans un monde de lièvres. Non pas trop lente, mais trop tranquille. Cependant, comme la tortue de la fable, je continue à mon rythme, en toute quiétude. Et dois bien constater que j’arrive à temps, boucle mon travail dans les délais, fait ce que j’ai à faire : La Fontaine avait vu juste. Sinon qu’il ne suffit pas de partir à point pour tenir à son rythme dans un monde en accéléré : il faut accepter de choisir. Renoncer. Au travail, savoir déléguer et « procrastiner » : ce n’est pas parce qu’un dossier n’est pas traité dans la minute qu’il va m’exploser à la figure…
Dans la vie privée, sortir moins et s’asseoir plus. Un travail de révision des priorités s’impose, une sélection des désirs devient indispensable. L’heure est aux renoncements nécessaires. Tout cela, je le savais, au fond, j’en connaissais la nécessité. Mais, grâce à cette « voie de l’action », désormais, je le ressens. Cela ne passe plus par la tête, mais par le corps, et la nuance est radicale. Par un retour sur le ressenti et sur la respiration, tous ces choix, à ma grande surprise, se font presque d’eux-mêmes. Souvent, la tentation du « toujours plus » me reprend. Ma cadence s’accélère pour se caler sur celles des autres et, bientôt, pour tenter de les dépasser. La différence, c’est qu’à présent je m’en rends compte. Et je sais qu’il ne tient qu’à moi de retrouver mon rythme. Ralentir. Bien faire ce pas. Puis ce pas. Tout reprendre à zéro. Ne pas me dépêcher de faire la cuisine pour passer rapidement à table, pour aller me coucher tôt… Non : aimer préparer le repas, vivre chaque geste, savourer. La lenteur est sensuelle, rappelle Milan Kundera. Sur le chemin de l’école, ne plus dire à ma fille : « Vite, dépêche- toi, on va être en retard. » Non, vivre ce moment avec elle. Quitte à partir plus tôt pour pouvoir oublier l’heure. Et relire Montaigne : « Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; voire et quand je me promène solitairement en un beau verger, si mes pensées se sont entretenues des occurrences étrangères quelque partie du temps, quelque autre partie je les ramène à la promenade, au verger, à la douceur de cette solitude, et à moi. » Et à nous. À ce qui est là. La sensation d’urgence cède tout naturellement la place au plaisir.
Mais, à cette volupté, se substitue encore souvent la jouissance de l’urgence. Je me remets à penser qu’il y a trop à lire, à voir, à entendre, à apprendre pour se permettre la lenteur. De nouveau, je doute : ralentir ? Pour quoi faire ? « Posez-vous la question, suggère Jacques Castermane : “Suis-je né pour aller vite ? Pour me lever vite, me doucher vite, déjeuner vite, partir vite au travail ? Et pourquoi finalement ? Pour arriver vite au cimetière ?” À vous de voir. »
joie
La joie est le plaisir sincère qu'on éprouve à la vue des perfections d'autrui, accompagné de vœux pour le bonheur de tous. Elle consiste à se réjouir de ce que chacun a obtenu par lui-même Et à souhaiter qu'il n'en soit plus jamais privé.
Le Trésor de précieuses qualités, p. 74.
JIGME LINGPA (1729-1798)
En Inde, cette période de transition est l'occasion de nombreux fêtes : on entre en effet dans la période de l'Uttarayana, celle où le soleil parcourt dans le ciel ses six mois de course les plus septentrionales, période considérée comme auspicieuse, opposée à Dakshinaayana, le mouvement méridional du soleil. C'est dans cette période que l'on planifie les évènements importants. Makara Sankranthi fait référence à l'entrée du soleil dans le signe zodiacal du Makara, c'est-à-dire du Capricorne.
Mattu Ponghal
la fête des moissons dans le Tamil Nadu - La naissance du mois de Thai (calendrier tamoul) pave la route à de nouvelles opportunités.
Makar Sankranti, fête de Uttarayan
le Festival du Cerfs-Volants à Ahmedabad, dans le Gujarat - changement de saison marquant le mouvement du soleil dans l'hémisphère nord, fin de l'hiver.
Le ciel de Janvier est bleu et clair, l'air raffraichi par le souffle d'une douce brise ; on ressent la joie, la jubilation de la célébration ; de l'aube au crépuscule, le ciel indien est envahi de cerfs-volants colorés, qui virevoltent, accompagnés des cris de joies de la foule et des tambours. On se retrouve sur les toits des maisons au son de la musique et l’on prépare des spécialités traditionnelles.
Le festival attire les fabricants et créateurs et les cerfs-volistes experimentés, non seulement des villes principales de l'Inde mais également de partout à travers le Monde. Le festival se transforme en combat de cerf-volants sans pause tout au long de la journée, l'objectif étant de couper la ligne des cerf-volants voisins pour les libérer. Les amis, les voisins et les étrangers luttent les uns avec les autres pour la suprématie et les cris de triomphe remplissent l'air quand quelqu'un réussit : "Woh-katta" . Le zèle et l'enthousiasme sont inégalés.
Les nuits voient l'arrivée des cerfs-volants illuminés, souvent dans une série enfilées sur une seule ligne, qui sera lancé dans le ciel. Connu sous le nom Tukkals, ces cerfs-volants ajoutent une touche de splendeur vers le ciel sombre.
Dans la croyance populaire, les cerfs-volants viennent réveiller les dieux endormis pendant les 6 mois d'automne et d'hiver et ainsi ouvrir les seuils du ciel ; c'est un temps de rencontres, d'échanges, de réjouissances, un temps d'action de grâces pour les religieux.
margazhi
Le mois de Margazhi
(du 16 décembre au 14 janvier)
est un mois spécial dans le calendrier du sud de l' Inde.
L' homme a dû prendre en considération les conditions météorologiques comme un parmi les facteurs les plus vitaux. Les activités matinales sont crées pour se débarrasser de la léthargie, une tendance naturelle (hibernation !). La religion et la spiritualité étant les parcours les plus faciles à la motivation, "le Bhakti ' marga ont montré la façon aux mesures efficaces de garder l'homme actif dans des interactions sociales saines!
Durant de cette période beaucoup de rituels, festivals et d'autres événements sociaux importants sont développées. Le mois entier est consacré au Bakthi Marga dans la forme de Chants, musique dans les rues. La caractéristique unique du mois est beau kolams (rangoli) desinée dans les rues et dans la cour de maisons avant la levée du soleil.
Kolam/rangoli est un art millénaire dessinée sur le sol devant les entrées et pour accueillir les forces divines. Ces sont des motifs géométriques et d'autres figurines inspiré de la nature qui apaise l'esprit.
De nos jours, la science appelée "Cymatics" explore la relation entre des variations harmoniques du son et l'art visuel des motifs géométriques. Des publications de recherche modernes établissent que les formes et des couleurs activent le circuit neural et affectent des émotions positivement. D'où, Kolam n'est pas juste un art, mais en réalité une science de modèle de vibration que l'on a découvert il y a des milliers d'années et été a fait une partie de culture indienne pour des buts spirituels, esthétiques et scientifiques.
Les matières comme le riz, la chaux, d'autres poudres naturelles et synthétiques de couleur et des fleurs fraîches sont utilisés pour créer cet art. Autrefois, le peuple ont préféré dessiner des kolams dans la farine de riz pour une raison importante. De petits oiseaux comme le moineau et des insectes comme fourmis picotent et se nourrissent de la farine de riz.
Selon le rituel védique, c 'est considéré comme une offrande à BHOOTHA YOGA", un de 5 yagnas, être suivi par chaque être humain.
bhavana
Bhavana : orienter son esprit vers le bien
En sanskrit, bhavana signifie "une attitude mentale résolue et bienveillante, une image de soi positive". Le yoga sutra en appelle à bhavana, lorsqu'il s'agit de trouver des stratégies pour contourner les obstacles intérieurs. Bien souvent, nous avons l'esprit encombré de représentations dont nous n'avons pas conscience et qui sabotent nos intentions et nos efforts. Nous pensons, par exemple : "je ne peux pas", je n'y arriverai pas", "je ne le mérite pas". Ces représentations intérieures alimentent nos doutes, avec pour résultat que nous relachons nos efforts, perdons confiance, manquons de constance dans nos actes et laissons nos énergies se disperser.
Si nous souhaitons progresser sur la voie du yoga, il faut recouvrir ces représentations et attitudes néfastes de pensées bénéfiques et positives. pour cela, nous aurons recours aux qualités de l'esprit que sont les "quatre incommensurables : la bienveillance (maitri), la compassion (karuna), l'encouragement ( mudita) et l'équanimité (upeshka)". Afin de modifier durablement notre état mental et d'orienter notre esprit vers le bien, Patanjali recommande de travailler en conscience ces quatre dispositions mentales sur la durée, puis de continuer à les cultiver.
Maitri est une disposition amicale, bienveillante, attentive et affectueuse encers tous les êtres humains et envers soi-même.
Karuna est le déploiement de la compassion et de l'empathie pour soi-même et pour les autres. Elle est aussi le développement et le raffinement du tact et de la sensibilité.
Mudita est la capacité à s'enthousiasmer des progrès réalisés par les autres et par soi-même.
Upeshka est la capacité à rester patient dans cette voie, avec soi-même et avec les autres, et à être bienveillant et compréhensif pour les erreurs et les rechutes, les siennes comme celle des autres.
Au fur et à mesure, notre esprit évolue et se transforme ; notre esprit devient un lieu agréable, où il est plaisant de se tenir...
Voici en ce dimanche 10 janvier, un an que notre espace Ananda est ouvert, que nous tentons de suivre cette voie avec vous.
Qu'Ananda soit un lieu agréable, où il est plaisant de se tenir...
Merci à toutes, à tous de nous suivre sur cette voie de connaissance et de transformation de soi.
Méditons
sur la lumière sacrée de la source resplendissante,
présente dans le coeur de la Terre,
dans la vie du Ciel
et dans l'âme de l'homme, de l'animal et de la nature.
Puisse-t-elle éclairer nos pensées.
source : "Yoga perfectionnement" de Steiner et Trökes
relié
L'amour altruiste est le sentiment spontané d'être relié à tous les autres êtres. Ce que vous ressentez, je le ressens. Ce que je ressens, vous le ressentez. Il n'y a pas de différence entre nous [ ] Lorsque j'ai commencé à pratiquer la méditation de la compassion, j'ai observé que ma sensation d'isolement commençait à s'atténuer, tandis que je ressentais de plus en plus une impression de force. Là où, auparavant, je ne voyais que des problèmes, je me mis à ne voir que des solutions. Alors que je considérais mon bonheur comme plus important que celui des autres, je commençais à percevoir le bien-être des autres comme le fondement même de ma paix intérieure.
Yongey Mingyour Rinpotché
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UN AUTRE REGARD SUR LE MONDE avec FRÉDÉRIC LENOIR
Philosophe, sociologue, conférencier, écrivain, le parcours de Frédéric Lenoir nous laisse admiratif. Au cours de ses voyages, il a rencontré de grandes personnalités comme le Dalai Lama ...
https://www.youtube.com/watch?v=XS8Bk9FDKMM&feature=youtu.be
Hanuman Jayanti
Hanuman Jayanti
C'est le jour de la naissance du dieu Hanuman qui est célébré aujourd'hui par de nombreux dévots hindous. Connu pour ses vertus protectrices contre le mal, Hanuman est une figure importante dans la mythologie hindoue. Prières, sucreries, lait, miel et fruits lui seront offerts à cette occasion.
Représenté sous la forme d'un singe, Hanuman est un héros du Ramayana, épopée racontant le périple du dieu Rama, un avatar de Vishnu. Selon la légende, Hanuman était le ministre du roi des singes. Il aurait rencontré Rama alors que celui-ci cherchait sa femme Sita, kidnappée dans une forêt par Ravana. Grand admirateur et dévot de Ram, il l'aida à combattre le roi des démons, Ravana, et son armée qui détenait Sita.
La légende raconte que
Vrihaspati, le précepteur des dieux, avait une domestique appelée Punjikasthala. Transformée en femelle singe par une malédiction, elle ne pouvait y mettre fin qu’en donnant naissance à une incarnation du dieu Shiva.
Réincarnée en Anjana, elle entreprit de longues mortifications pour plaire à Shiva. Le maître de l'ascèse lui accorda alors le bénéfice qui la guérirait du mauvais sort.
Lorsque Agni, le dieu védique du feu, apporta à Dasaratha, roi d’Ayodhya, la nourriture qui lui permettrait d’avoir un successeur, un aigle saisit une partie du met divin et le laissa tomber près du lieu où Anjana méditait. En ayant mangé une partie, elle donna naissance à Hanuman, le dieu singe, incarnation de Shiva.
Hanuman est considéré comme le Sankatmochan - celui qui écarte les difficultés. D'autres qualificatifs lui sont aussi associés tels Bajrangbali (fort) et Pavan Putra (le fils du vent).
Il est ainsi aussi connu comme Anjanisut, « sut » voulant dire fils de Anjani. Ou encore comme Vajrang, « Vajra » voulant dire indestructible et « Ang », corps. Ce qui le décrit comme un corps indestructible.
Hanuman est souvent représenté à genoux aux pieds de Ram, les mains jointes. Doté d'une grande force, il pouvait tuer des démons, rivalisait de vitesse avec Garuda, l'aigle qui servait de monture à Vishnu, et soulevait des montagnes. C'est ainsi que parfois aussi, il est représenté s'envolant, portant dans une main une colline et une massue dans l'autre.
Une de ses caractéristiques particulières est sa fidélité parfaite et permanente à Rama, son maître spirituel. Sa vie entière, ses jours et ses nuits lui sont consacrés.
Les dévots prient Hanuman pour obtenir protection contre le mal et contre les obstacles.
À l'occasion de l'anniversaire (Jayanti) de Hanuman, les dévots lui offrent des prières spéciales. À la maison ou au temple, on participe à un rituel de bain de la statuette de Hanuman. On y verse du lait, du miel, du mantègue, du safran, du jus de fruits, du panchamrit (mélange de lait caillé, de miel et de mantègue) et finalement de l'eau. Par ailleurs, des vètements neufs ; un tilak, "œil de sagesse sous forme de poudre rouge" ; des poudres colorées koumkoum ; du sindoor et abirr lui sont offerts. "On parfume la statuette au moyen d'huile parfumée et on l'enguirlande". Des galettes à base de farine et de lait (petha), des laddus et des fruits sont aussi offerts au dieu-singe.
Des prières dont le Hanuman Chalissa (40 versets) sont récitées.
merci Padma





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