orient
La beauté est une rencontre
Mais nous ramassons le caillou
Sur le chemin
Le tenant à peine dans la main
Puis sans y penser
Le jetons plus loin
Pendant que le couchant
Effleurant le mont
S’attarde un bref instant
Puis sans se retourner
Va son chemin
A l'orient de tout, là où se souvient
La mer, l'orage a dispersé écailles
Des dragons, carapaces des tortues
Nous nous prosternons vers le pur silence
Régnant par-delà la terre exilée
A l'heure du soir, à l'orient de tout
Où se lève le vent de l'unique mémoire
François Cheng
LE LIVRE DU VIDE MEDIAN
Né le 30 août 1929, en Chine, François Cheng est issu d’une famille de lettrés et d'universitaires.
Début 1948, il vient en France pour se consacrer à l'étude de la langue et de la littérature françaises. Après une assez longue période d'adaptation marquée par le dénuement et la solitude, il obtient en 1960 un emploi stable et commence à traduire les grands poètes français en chinois. Dès 1969, il mènera de front l'enseignement et une création personnelle : traductions des poètes français en chinois et des poètes chinois en français, d'essais sur la pensée et l'esthétique chinoises, de monographies consacrées à l'art chinois, de recueils de poésies, de romans et d'un album de ses propres calligraphies. Il reçoit de nombreux pour ses oeuvres : Shitao, la saveur du monde, Double chant, Le Dit de Tianyi et le Grand prix de la Francophonie pour l'ensemble de son œuvre. Naturalisé français en 1971, il a été élu à l'Académie française, le 13 juin 2002.
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