compassion
Regarder les fleurs, les papillons, les arbres et les enfants avec les yeux de la compassion... L'énergie de la compassion en vous transformera la vie et la rendra plus belle. La compassion est toujours née de la compréhension, et la compréhension est le fruit du regard profond.
Thich Nhat Hanh
qu'est ce que la compassion?
La compassion est définie comme un sentiment de pitié qui nous rend sensible au malheur des autres, de sympathie pour le malheur d'autrui, souffrir avec.... (compati), proche de l'empathie et de l'humanité.
La compassion est donc une prédisposition à la perception et la reconnaissance de la douleur d'autrui, animée par un profond sentiment d'amour de l'autre au sens de l'amour filial (platonique, agapè, filia), entraînant une réaction de solidarité active, voire engagée.
La compassion, Karuna en sanskrit, est une valeur fondamentale du bouddhisme.
La doctrine du Bouddha a pour but est de trouver une solution définitive à la souffrance dans l'existence.
La compassion, au cœur de la bodhicitta ou "esprit d'Éveil" est définie dans ce cadre comme l'aspiration d'éteindre toutes les souffrances ainsi que les causes de souffrance que peuvent connaître les êtres sensibles dans le monde entier. Elle compte ainsi parmi les facultés spirituelles d'amour appelées les quatre incommensurables. Dans la pensée mahayaniste, chacun cherche à atteindre l'Éveil suprême et incomparable, c'est-à-dire le Nirvâna, l'extinction complète des souffrances, l'au-delà de la souffrance. La grande compassion ou mahakaruna incite également le bodhisattva à renaître encore et encore pour sauver les êtres de toutes leurs souffrances, voire à prendre sur eux ces souffrances si cela peut leur être bénéfique. Elle est aussi dite 'grande' lorsque, par une pratique appropriée, cette aspiration devient complètement spontanée, rayonnant naturellement dans toutes les directions de l'univers en manifestant la même intensité affective qu'envers un parent ou un enfant, et en actualisant le même engagement de soin, d'attention et de prévenance.
La compassion peut donc se décliner en trois niveaux tel que le décrit le Dalaï Lama :
- le premier consiste en la capacité de voir l'autre comme un autre soi,
- le deuxième dans la capacité de s'échanger avec autrui pour mieux comprendre la réalité de ses souffrances, notamment par le processus de la visualisation.
- La troisième consiste à considérer l'autre comme plus important que soi, aboutissant à la Grande compassion qui consiste en toute situation à prendre la perte pour soi et à offrir le gain à autrui.
On est détaché de soi-même, sans apitoiement, ni pitié, sans condescendance.
Initiée par le Dalaï Lama depuis une douzaine d'année en tant que premier sponsor avec l'université de Stanford (Californie), le laboratoire CCare anime des recherches sur le pouvoir de la compassion dans des disciplines comme les neurosciences, la psychologie, la neurochirurgie... L'étude scientifique des cerveaux des grands Lamas tibétains, notamment de Mathieu Ricard ont permis de démontrer un impact direct entre la pratique de la méditation et d'exercices de compassion sur la réponse des individus au stress. La réponse à l'hormone du stress, l'ocytocine comparée entre un groupe test, un groupe test ayant suivi un programme de méditation de la pleine conscience, et un groupe test ayant suivi un programme de méditation de la pleine conscience et en plus des exercices de compassion, démontre que la méditation a un effet direct sur le stress en réduisant cette réponse. Mais que les exercices de compassion ajoutés à la pratique de méditation dé-corèle dans une grande proportion la stimulation au stress des trois groupes. (Recherche effectuées notamment par Tania Singer, de l'Institut Max Plank de Leipzig).
De grands psychologues américains comme Paul Guilbert ou Daniel Singer étudient l'impact des neurones miroirs dans le champs de la compassion.
Pour Jiddu Krishnamurti, la pensée ne peut, par aucun moyen qui soit, cultiver la compassion.
"Je n'emploie pas ce mot de compassion pour désigner le contraire de la violence, son antithèse. Mais, à moins que nous n'ayons tous ce sens profond de la compassion, nous deviendrons de plus en plus brutaux et inhumains les uns envers les autres. Nous aurons un esprit aussi mécanique qu'un ordinateur, un esprit qui a simplement été entraîné à remplir certaines fonctions.
Nous continuerons à chercher la sécurité, tant physique que psychologique, et nous passerons à côté de la profondeur extraordinaire de l'existence, de toute sa beauté, et de tout son sens. La compassion n'est pas pour moi une chose qui peut s'acquérir. La compassion, ce n'est pas le mot « compassion », qui, lui, appartient au passé ; mais c'est quelque chose qui est d'ordre présent, qui agit: c'est le verbe – pas le mot en tant que substantif ou nom. Il y a une différence entre le verbe et le nom. Le verbe appartient toujours au présent, il agit, alors que le nom, lui, appartient toujours au passé, et il est donc statique. On aura beau insuffler une vitalité, imprimer un mouvement au nom, au mot, ce ne sera jamais la même chose que le verbe, qui est activement présent...
La compassion n'est pas un sentiment ; elle n'a rien à voir avec cette sympathie ou cette empathie très approximatives. La compassion ne peut se cultiver par la pensée, la discipline, le contrôle ni le refoulement, pas plus qu'en étant bon, poli, gentil, et tout ce qui s'ensuit. La compassion naît lorsque la pensée, jusqu'à ses racines les plus profondes, a cessé d'exister."
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