seule
ÊTRE SEULE
Lorsque je suis seule, j’aime marcher doucement, et pieds-nus la plupart du temps. Je suis alors concentrée sur mon souffle, sur le mouvement et le ressenti de mes pieds, sur l’humidité de la terre ou au contraire les brindilles sèches qui craquent au sol. J’avance en accord complet avec le rythme de mon corps, j’avance en regardant par terre où je pose mes pieds, mais aussi autour de moi, en portant mon attention sur les clins d’œil de la nature au fur et à mesure : Ici une branche recourbée, là une mousse bien plus verte qui m’invite à me poser quelques instants.
Je vis finalement chaque balade comme un chemin initiatique, la nature m’apprends et me transmet de nombreux et beaux messages, qui se succèdent et donnent généralement une thématique ou un « enseignement » global à la fin de ma promenade.
Ces moments de solitude m’aident à ressentir qui je suis vraiment.
C’est seule que j’ai jusqu’à présent vécu en moi la plus grande connexion à l’univers, avec un sentiment de bien-être profond et d’amour tellement puissant.
Mais aussi profonds que ces moments de solitude puissent être, j’aime la vie en société, en couple, en famille, et je ne souhaiterai pas vivre seule tout le temps. Les moments de complicité amoureuse, les fous rires à plusieurs, le partage d’un instant magique avec des proches, les échanges philosophiques autours d’un sujet,... Tout cela est aussi essentiel pour moi, dans mon équilibre.
Ces moments de ressourcements « seule » m’apportent finalement une meilleure connaissance de moi, afin d’être de plus en plus « Moi-même » au quotidien, y compris avec les autres.
Cécile Cervantes
REVENIR A SOI POUR DEVENIR
Sur notre chemin de Vie personnel ou spirituel, nous pouvons être guidées, soutenues par bon nombre de personnes, de rencontres, notre réalisation se fera toujours seule.
La Vie nous porte sur notre chemin et nous présente des expériences diverses et variées. Au gré des événements fluctuant, nous sommes tantôt dorlotées, bercées dans un joyeux « cocooning émotionnel », tantôt bouleversées, chahutées, marquées par des souffrances parfois indélébiles. C’est alors que nous façonnons inconsciemment, nos « masques », nos « schémas de fonctionnement » liés à ces événements qui nous construisent, à notre éducation, notre environnement. C’est une façon de nous adapter. Nous avons toutes en nous nos mécanismes de fonctionnement. Ils peuvent parfois nous permettre de continuer notre route en tentant de masquer vainement des émotions douloureuses, enfouies.
Ainsi, nous pouvons vite nous retrouver à accorder notre comportement en fonction de ce que les autres, notre entourage (familial, professionnel, amical) attendent de nous.
Par peur du rejet, de l’abandon ou tout simplement pour se faire aimer, nous pouvons nous retrouver à agir en tenant avant tout compte de l’extérieur et non de notre intérieur, de nos envies propres. Nous perdons de vue notre phare intérieur et notre intuition prend le large. C’est ainsi que nous nous éloignons progressivement et insidieusement de nous même au fil des années sans même nous en rendre compte.
C’est alors bien souvent la vie qui se charge de nous remettre en contact avec nous même. Un sentiment de mal être inexpliqué, de tristesse, de pesanteur peut se faire ressentir. Une épreuve, une maladie entrer dans notre vie et bouleverser toutes nos habitudes.
Une grosse remise en question s’impose et bien souvent une traversée du désert. Tous nos repères s’envolent et il nous faut nous reconstruire différemment sur des fondations que nous aurons nous même librement choisies. Et nous voilà partie en quête de nous même !
Bien souvent prises dans la spirale du quotidien, nous sommes plongées au cœur de la matière : les enfants, la maison, le travail, la famille etc. Cela peut vite devenir un « trop plein » où le moindre espace de libre est comblé. Qu’il peut être bon et nécessaire de faire une pause, pour Soi !
C’est dans la solitude, le repli, le retrait, le silence, le vide que vont jaillir nos réponses. C’est en faisant taire notre carrousel mental que nous arriverons à plonger dans nos abysses les plus profondes et prendre contact avec notre Être, nos ressentis, notre intuition.
SE RELIER A LA TERRE
Le contact à la nature me paraît essentiel pour reprendre contact avec ses racines, se ressourcer. Un exercice tout simple que j’aime tant pratiquer est de m’isoler un moment, dans un lieu apaisant, un jardin, un écrin de verdure, et me glisser dans mes 5 sens. Je commence par me remplir visuellement de cet environnement qui s’offre à moi. Regarder jusqu’à ressentir et percevoir intérieurement les vibrations des couleurs du lieu. Prêter une oreille attentive à la faune, me laisser bercer par les gazouillis enchanteurs des oiseaux.
Toucher, palper cette Terre sur laquelle j’aime tant marcher nus pieds et qui me recharge à chacun de mes pas. Me laisser pénétrer par les odeurs de cette Terre qui revit, sentir l’odeur de la Terre fraîchement labourée, l’humecter au dessus d’un pot de fleur ! Je me plonge dans mes sensations, mon corps, mon cœur, mon cerveau droit. Mon mental s’amenuise. Il n’a plus de place, son attention est moindre. Je me faufile dans cette espace avec légèreté et entrain.
Mes idées deviennent plus claires. Je me sens reliée à moi-même par le biais de la nature. Sans rien provoquer, juste en accueillant, je peux alors faire des liens sur ma vie. Une compréhension nouvelle s’ouvre à moi sur ce que je vis. Je mets en lumière des schémas répétitifs, un émotionnel, une blessure qui se rejouent à la manière d’un disque abîmé. Qui sautent et recommencent. Inlassablement.
Emilie Lecornu
dans "Rêve de femmes - n°31"

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