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ananda

jivanmukta

20 Mars 2017, 07:35am

Publié par Association Ananda

L'idéal du yoga, l'état de jîvanmukta, est de vivre dans un "éternel" présent, en dehors du temps. Le "libéré dans la vie" ne jouit plus d'une conscience personnelle, mais d'une conscience-témoin, qui est lucidité et spontanéité pure...

Mircea Eliade

Aucun texte alternatif disponible.
jivanmukta

nature

13 Mars 2017, 06:51am

Publié par Association Ananda

Avant d'apprendre des choses compliquées, apprenez à lire les lettres d'amour envoyées par le vent, la pluie, la neige et la lune...

Ikkiy.

L’image contient peut-être : fleur, plante, arbre, nature et plein air

âsana

9 Mars 2017, 16:05pm

Publié par Association Ananda

âsana

Le héron et d'autres postures assises [asana]

peuvent être comprises en regardant réellement un héron assis

Asana ou être fermement établi dans un espace heureux

Sthirasukham âsana


(Yoga Sutra 2.46)

âsana

silence intérieur

4 Mars 2017, 21:22pm

Publié par Association Ananda

silence intérieur

Savourez la beauté paisible et lumineuse de votre silence intérieur ॐ

jeûne

28 Février 2017, 07:06am

Publié par Association Ananda

Le 24 février, c'est la fête de Shiva, père du yoga, la Shivaratri Mela (Maha Shivratri), la "nuit de Shiva" .

En Inde, on célèbre le mariage de Shiva à Parvâtî. Elle est marquée par une journée de jeûne qui se clôt par un repas de dattes, fruits, noix, patates douces et riz pilé.
Pélérinages, concentration de sadhus, bains rituels, partage du Thandia, (mélange de lait, d’amandes et de cannabis), dans toute l'Inde, mais particulièrement à Chidambaram, Kalahasti, Khajuraho et Varanasi.
Après un bain rituel dans le Gange, les fidèles se rendent au temple pour baigner le dieu Shiva dans le lait, le miel ou l’eau, et le culte se prolonge toute la nuit durant.
Certains associent cette fête à la nuit où le dieu exécuta la danse de la création et de la destruction. Mais pour tous les Indiens, c’est l’occasion de se recueillir, de prier et de faire la fête.

jeûne

“Je jeûne pour contrôler mon corps et mon mental. Il me donne la force et la détermination à atteindre l’objectif ”

Mahatma Gandhi.

Pour un chercheur spirituel, le jeûne est un moment particulier d’observation intérieure, de prière et de méditation approfondie.
Il est important de donner un sens, une direction à votre pratique du jeûne : se purifier, se sentir plus libre et s'élever, changer les habitudes, faire une offrande au Divin.... fêter Shiva, débuter le Carême...

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Le jeune

 

Certains ont l'habitude de le pratiquer, pour d'autres, cela semble impossible ou c'est la première fois. La diétetique occidentale déconseille de sauter un repas… alors jeûner n'en parlons pas ! Eh bien si nous parlons en.

 

Pourquoi jeûner ?

 

Les effets du jeûne

un peu de physio

les différents types de jeûne

mode d'emploi

entrer en jeune, pendant, sortir du jeûne

 

 

« Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d’y rester », dit le proverbe indien

jeûne

Notre bien-être est étroitement lié à nos comportements alimentaires. Les nutriments servent à construire et à entretenir tous nos tissus et organes, nos muscles, nos os. Nous devenons alors ce que nous mangeons !

Selon les préceptes du yoga, le corps et l’esprit sont intimement liés, et l’être humain est formé de cinq enveloppes : le corps physique ; le corps énergétique, invisible et composé d’une énergie subtile ; le corps mental ; le corps intuitif ; et le pur esprit. Il faut considérer l’individu de manière holistique, du latin « holos », entier, donc l’individu dans sa globalité...

La nourriture que nous ingérons passe dans ces cinq enveloppes « koshas ». En nous alimentant, nous bâtissons autant notre corps que notre esprit.

Une nourriture de mauvaise qualité, qui n’est pas en lien avec le rythme de la Nature, va nous dévitaliser, faire disparaître notre énergie et notre joie de vivre.

Dans la pratique du yoga, la nourriture ne se limite pas aux aliments solides. Elle comprend aussi l’eau que nous buvons et le prâna, l’énergie vitale qui entre en nous grâce à la respiration.

Un régime approprié est fondamental pour maintenir un état de bonne santé et favori-ser le développement du mental. Le Yoga classe la nourriture en trois catégories en fonction de ses qualités. Ces qualités correspondent aux trois Gunas [caractéristique, qualité) : Sattvique, Rajasique et Tamasique.

La nourriture tamasique, comme la viande, le poisson, les oeufs, l’alcool, les conserves, les denrées qui ne sont pas du jour, ainsi que celles qui sont réchauffées, nous rendent paresseux et léthargique, sombre et ignorant.

La nourriture rajasique est très épicée, ce qui engendre agitation et agressivité, nous rend enflammé, passionné. Les qualités rajasiques émergent aussi d’une consommation excessive de café ou de chocolat.

La nourriture sattvique, quant à elle, procure une harmonieuse sensation de bien-être et d’équilibre, à la fois dans le corps et dans l’esprit. Tout devient pur, harmonieux, clair, équilibré, paisible. La nourriture sattvique se trouve dans un régime entièrement lacto-végétarien basé sur la consommation de céréales, de légumes, de légumineuses, de fruits, de noix, de graines, de lait et de produits laitiers. La nourriture végétarienne détoxifie, nettoie et purifie l’organisme et renforce nos défenses immunitaires.

Aujourd’hui, s'alimenter devient compliqué ! comment se repérer dans cette « jungle » alimentaire où même les spécialistes en nutrition se déchirent. Choisir la « Voie du milieu », l’harmonie et l’équilibre, sage précepte bouddhiste semble la bonne voie.

S’alimenter est une affaire individuelle, en prendre conscience nous permet de devenir acteurs de notre propre santé. Chacun d’entre nous est un cas particulier.

Choisir la qualité, respecter notre capacité digestive et enzymatique propre (âge, stades de développement, climat, sexe ). Il n’y a pas de règle universelle. La seule autorité que chacun doit écouter est son propre corps : il nous envoie sans cesse des messages et il demeure notre meilleur laboratoire personnel. Soyez aussi attentif pendant votre pratique du yoga que quand vous mangez ; dans les deux cas, écoutez votre corps ! Toutes les postures de yoga ne sont pas faites pour vous, il en est de même pour les aliments !

Pour les yogis, se nourrir représente un véritable exercice de méditation : prendre le temps, manger simplement et en pleine conscience pour digérer sereinement. Si l’on se base sur les textes anciens du yoga, ceux-ci sont plus centrés sur la nourriture et la façon dont elle est ingérée que sur les postures qui sont pourtant au cœur de la pratique occidentale actuelle.

Manger est un art de vivre spirituel, sincère et simple.

Et n’oubliez pas, croyez en votre intuition, c’est votre corps qui vous guide !

jeûne

Pourquoi?

L'ayurvéda nous donne la cause des maladies et déséquilibres du corps physique ; l'accumulation dess déchets alimentaires non digérés et toxiques dans les corps : Amas.

C'est dans l'estomac que se loge notre force digestive , facteur déterminant de notre santé physique et mentale. De la force de Agni (feu digestif) dépend notre capacité de digestion émotionnelle. Si le feu subtil est faible, les toxines émotionnelles contaminent le corps énergétique et ses canaux (srotas) de la même manière que Ama pour le corps physique.

Le fait de jeûner permet de mettre le système digestif au repos et donner la place aux processus d'autoguérison et d'autopurification internes qui s'enclenchent naturellement une fois que nous arrêtons de charger le corps avec la nourriture.

Nous nous préoccupons souvent de savoir commet obtenir le maximum de nourriture (aliments, connaissances, expériences de vie...) mais le plus souvent, nous ne prenons pas le temps de l'intégrer.

En jeûnant, on recherche à se purifier et rajeunir, à guérir... dans une quête sprituelle, voir karmique.

En ayurvéda, on dit qu'une maladie est l'envie du corps de chasser les toxines. Quand notre système digestif n'est pas occupé, il commence tout de suite à éliminer les toxicités. Faire partir "l'ancienne peau", stimule la production de nouvelles cellules et rajeunit tout l'organisme. Pouruoi attendre la maladie?

Il est maintenant prouvé que plusieurs maladies peuvet être améliorées par le jeûne. Mais c'est un processus très personnel. Il est fortement conseillé de s’adresser à un spécialiste, surtout si vous n’avez pas jamais expérimenté le jeûne précédemment.

Un jeûne hebdomadaire ou effectué lors de fêtes spirituelles, comme par exemple la Shivaratri (nuit de Shiva) ou Navaratri (9 jours de la Mère Divine) dans la tradition védique, est considéré comme une offrande au Divin. Pour un chercheur spirituel, le jeûne est un moment particulier d'observation intérieure, de prière et de méditation approfondie.

Le phénomène d'engagement pour une ascèse ou austérité s'appelle tapas en sanskrit. Rien à voir avc les tapas espagnoles! Pendant le jeûne, nous préservons l'énergie qui est habituellement dépensée pour le plaisir de manger. Il ne s'agit pas de l'énergie ddu corps physique mais de l'énergie karmique.

Cette économie s'appelle punya ; nous pouvons l'utiliser pour la réalisation de nos souhaits ou l'offrir à l'Univers.C'est pourquoi il est important de toujours donner un sens à votre pratique du jeûne. Vous pouvez jeûner pour aider une personne malade en lui envoyant votre énergie, pour démarrer un projet, pour avancer dans votre pratique méditative, pour toute autre bonne raison...

jeûne

Bien qu'il y ait une façon Yoga de manger, il y a aussi un moyen de ne pas manger Yoga. Il s'agit du jeûne. Ceci est pratiqué par les yogis comme une forme de purification physique ou de purification spirituelle. Depuis que nous faisons fonctionner notre système digestif plusieurs fois par jour, c'est aussi une bonne idée de lui donner un peu de repos. Cela permettra à notre système digestif de se remettre de la violence de trop manger, manger des aliments malsains ou de manger au mauvais moment. Il nous permet aussi de nous débarrasser des toxines dans notre corps.

Autrement dit, le jeûne est l'abstinence de nourriture. Cependant, une approche prudente doit être suivie.

Jeûne : héroïsme ou routine?

Inversement à ce qui est très à la mode en ce moment en Occident, les textes de Yoga (Hatha Yoga Pradipika) et d'Ayurvéda (Ashtanga Hridaya Samhita) conseillent de pratiquer le jeûne pendant une journée régulièrement de 2 à 6 fois par mois et de ne pas faire des jeûnes longs sauf dans le cas de maladies graves et ssous la supervision d'un spécialiste.

Un long jeûne (3,7,10 ou 21 jours) peut être parfait pour les personnes à dominance Kapha, Kapha-Pitta ou même Pitta, alors qu'il sera naturellement déstabilisant pour les Pitta-Vata et Vata.

 

Du point de vue physique, un long jeûne isolé peut créer le stress dans les cellules et organes et au moment de la reprise de l’alimentation normale, le corps va avoir tendance à consommer plus que ce qu’il a besoin par la peur du manque.

Du point de vue psychique, un long jeûne qui n’est pas mené jusqu’à la fin peut engendrer une culpabilité.

Du point de vue spirituel, un long jeûne risque de faire grandir l’ego, de susciter la fierté, alors que le but de toutes les austérités est de développer l’humilité et la simplicité.

jeûne

Un peu de physiologie

Notre système digestif

Le tube digesstif s'étend de la bouche à l'anus. Il comprend le "canal alimentaire" proprement dit et ses glandes accessoires : le foie et la vésicule biliaire, d'une part et le pancréas, d'autre part.

 Le système digestif à différentes fonctions :

  • Réception, macération, et transport des substances ingérées
  • Sécrétion des enzymes digestives, de l'acide, du mucus, de la bile, etc.
  • Digestion des produits alimentaires ingérés
  • Absorption et transport des produits de la digestion
  • Transport stockage et excrétion des déchets alimentaires.

 

 

Les aliments ingérés sont absorbés à environ 95%. L'eau, les sels minéraux, les monosaccharides, l'alcool et les vitamines sont absorbés sans modification. Par contre, les disaccharides, les polysaccharides, les lipides et les protéines doivent être transformés par hydrolyse en éléments plus simples avant d'être absorbés.

Les fonctions digestives de motricité et de sécrétion sont contrôlées par deux principaux types de régulation: la régulation nerveuse et la régulation hormonale.

Il existe deux types de réseaux neuronaux:

un système local, le système nerveux entérique, et le système nerveux autonome (SNA).

Les récepteurs nerveux sont sensibles aux stimuli : composition chimique du chyme (acidité), l'étirement (sensation de plenitude),... Ils envoient des impulsions aux cellules mussculaires et sécrétoires du tube digestif via le système nerveux entérique constitué par les plexus myentériques et sous muqueux. La neuro transsmission est de type nerveux ou chimique (somatostatine, sérotonine, neurotensine..).

Le SNA est constitué par 2 contingents de fibres: les fibres sympathiques qui courent le long des vaisseaux sanguins et les fibres parasympathiques du nerf vague. Leurs actions sont antagonistes : les fibres sympathiques sont inhibitrices alors que les fibres parasympathiques sont excitatrices.

La régulation hormonale fait intervenir de nombreuses hormones dont le mécanisme d'action est fréquemment inconnu :

La gastrine, sécrétée par les cellules de l'estomac sous l'action de la distension gastrique, de la stimulation du nerf vague, ou l'action de certains aliments dits sécrétagogues (protéine, café, alcool), stimule la sécrétion et la motricité gastrique. . La sécrétion de gastrine est elle même régulée par le pH intra gastrique: un pH trop acide inhibe la sécrétion de gastrine.

Dans le duodénum, sont sécrétées

- la sécrétine qui stimule la sécrétion pancréatique d'eau et de bicarbonate. La neutralisation du pH du chyme protège la muqueuse duodénale d'une exposition acide prolongée et fournit un pH optimal à l'action des enzymes duodénales. Par ailleurs, la sécrétine inhibe la sécrétion de gastrine.

- la cholécystokinine (CCK) est sécrétée  en réponse à la présence d'acides aminés et d'acides gras ; elle stimule la sécrétion enzymatique pancréatique, les contractions de la vésicule biliaire, ralentit la vidange gastrique, régule l'appétit.

- le GIP (Gatric Inhibitory Peptide) en présence de glucose et de graisses, inhibe la sécrétion acide gastrique et stimule la libération d'insuline.

 

jeûne

Dans chaque partie du tube digestif, les aliments suivent une transformation spécifique :

La bouche reçoit les aliments, les réduit en éléments de petite taille par la mastication et les mélange avec la salive. Le bol alimentaire est créé par l'action mécanique des dents, l'action lubrifiante des mucines et le début de la digestion par l'amylase salivaire (ptyaline)

L'oesophage transporte les aliments de la cavité buccale et du pharynx vers l'estomac. Après une contraction à contrôle volontaire au niveau du pharynx (déglutition), la traversée de l'oesophage est un processus automatique (péristaltisme oesophagien) permettant le transfert rapide du bolus vers l'estomac.

L'estomac permet le stockage temporaire des aliments ingérés et leur digestion. Les sécrétions gastriques contiennent de l'acide chlorhydrique (HCl), un facteur intrinsèque, des enzymes protéolytiques (pepsinogène), une lipase, du mucus (2 à 2,5l/j). A la fin du temps gastrique, les aliments constituent avec les sécrétions, un mélange semi liquide, le chyme, contenant environ 50% d'eau. L'estomac est normalement vidé en 1 à 4 heures. Ce temps de vidange dépend de la qualité et la quantité des aliments ingérés. Lorqu'ils sont ingérés seuls, les glucides quittent l'estomac plus rapidement que les protéines et les graisses. A l'entrée et la sortie de l'estomac, des valves préviennent le reflux du contenu gastrique vers l'oesophage (sio) et le pharynx, et du duodénum vers l'estomac (pylore).

L'intestin grêle (le duodénum, le jéjunum et l'iléon) reçoit les sécrétions pancréatiques et biliaires (duod)  et participe à l'hydrolyse des aliments, le transport et l'absorption des nutriments.

Le chyme gastrique acide séjourne entre 3 à 10 heures dans le duodénum. La bile, sécrétée par le foie, puis collectée et concentrée dans la vésicule biliaire, est excrétée dans le duodénum sous l'action de la chocystokinine ; par leurs propriétés émulsifiantes, les sels biliaires permettent la digestion et l'absorption des lipides.

Les sécrétions pancréatiques comportent deux composantes: une séreuse (trypsine, chymotrypsine, carboxypolypeptidase, ribonucléase, desoxyribonucléase) et l'autre hydro-minérale (eau et bicarbonates). Les enzymes protéolytiques sont sécrétées sous forme de proenzymes activées par l'entérokinase, sécrétée par la muqueuse intestinale en réponse à la présence du chyme dans la lumière. La sécrétion hydrominérale, sous l'influence de la sécrétine, neutralise l'acidité du chyme.

 

 

jeûne

Le principal organe de l'absorption est l'intestin grêle iléo-jéjunal caractérisé par une énorme surface d'absorption (250 m² = organisation de la muqueuse en valvules conniventes sur 6 à 7m ). Ces plis sont recouverts par des projections en forme de doigts, les villosités, elles même recouvertes de microvillosités qui forment la bordure en brosse.La muqueuse repose sur une structure appelée lamina propria composée de tissu conjonctif dans lesquels existent des vaisseaux sanguins et lymphatiques.

Chaque jour, l'intestin absorbe, en moyenne:

  • 100 g de glucides
  • 100 g de graisses,
  • 50 à 100 g d'acides aminés,
  • 50 à 100 g d'ions,
  • 7 à 8 litres d'eau.

Le colon et le rectum absorbent l'eau et les électrolytes et certains produits de la digestion. Ils permettent également le stockage des déchets, ce qui permet la synthèse bactérienne. Les bactéries coliques poursuivent la digestion des éléments ayant résisté à l'activité du suc digestif dans l'estomac ou l'intestin. De nombreux composés synthétisés lors du métabolisme bactérien lors du passage colique sont utilisés par l'organisme: vitamines K, B12, thiamine, riboflavine.

Les matières fécales contiennent 75% d'eau et 25% de matières solides. Environ 1/3 des matières fécales sont constituées de bactéries mortes. La défécation est l'expulsion des fèces par l'anus dont la fréquence normales est supérieur à 3 par semaine et inférieur à 3 par jour.

jeûne

Lorsqu'on jeûne, on n'apporte plus de nutriments au corps ; le mécanisme de digestion déclenché par l'apport des nutriments s'arrête. Mais le reste des fonctions organiques continue. Pour pallier le glucose manquant, le corps fabrique un substitut, grâce aux protéines et aux lipides: les corps cétoniques, appelés aussi le carburant du jeûne. Et à cause de ce changement de mode d’alimentation, le taux d’acidité dans le sang augmente. Le corps doit apprendre à vivre de ses réserves, l’organisme doit s’habituer. Selon les adeptes de la diète, le plus dur ce n’est pas la sensation de faim, qui disparaît peu à peu, mais cette crise d’acidose, qui peut causer nausées, maux de tête, douleurs abdominales, crampes et faiblesse générale. 

jeûne

Les substrats énergétiques sont apportés par l’alimentation.

Une fois les nutriments digèrés, l'organisme pour son métabolisme utilisent l'énergie des:

-  glucides qui apportent 4 KCal/g

-  lipides, 9 KCal/g

-  protéines, 4 KCal/g ; elles ne participent à la couverture énergétique que dans certaines circonstances, leur rôle prioritaire est d’apporter de l’azote.

On distingue 3 états en fonction du temps qui sépare de la dernière prise alimentaire :

  • la période post prandiale ; elle correspond aux 8 heures qui suivent la prise alimentaire,
  • la période post absorptive ; 12 heures de jeûne (le matin à jeûn)
  • le jeûne ; au-delà de 16 heures.

Les substrats énergétiques ont un double rôle

  • satisfaire les besoins immédiats d’ATP par leur oxydation dans le cycle de Krebs.Tous les substrats peuvent être oxydés le choix préférentiel des substrats va dépendre de l’état métabolique et hormonal :  
  1. les acides gras sont oxydés plutôt quand leur niveau est élevé dans le sang (période post absorptive et jeûne, exercice physique),
  2. les glucides sont oxydés en période post prandiale par les tissus insulinodépendants et en permanence par les tissus non insulino-dépendants (cerveau, éléments figurés du sang),
  3. les protéines sont oxydées en cas d’afflux important (foie en période post prandiale)

 

  • constituer les réserves de glycogène et de protéines.
jeûne

Les substrats circulants ayant un rôle dans le métabolisme glucidique sont

  1. le glucose venant de l’alimentation, de la glycogénolyse ou de la néoglucogénèse hépatique et/ou rénale,
  2. les lactates venant du métabolisme du glycogène dans le muscle et du glucose dans les hématies, peut être directement oxydé dans le rein et le cœur ou converti en glucose dans le foie et le rein,
  3. les Pyruvates intermédiaire clé du métabolisme du glucose,
  4. Glycérol libéré à partir des triglycérides adipocytaires peut être converti en glucose ou en TG dans le foie.

Les lipides circulants sont

  1. Acides gras  (liés à l’albumine),
  2. Corps cétoniques formés par le foie à partir des AG lors du jeûne prolongé, peuvent être oxydés au niveau du cerveau, du rein et du muscle,
  3. Les triglycérides transportés soit par les chylomicrons formés dans l’intestin en période post prandiale, soit par les VLDL produits au niveau du foie.

Les protéines circulent sous forme d’acides aminés.

Les organes qui consomment cette énergie circulante sont :

Le cerveau utilise 20 à 25 % de la production quotidienne d’ATP, n’a aucune forme de stockage de l’énergie et ne peut pas utiliser les AG,

Le glucose est sa seule source d’énergie en période postprandiale et postabsorptive (consomme environ 5 g de glucose par heure soit 120 g/jour), mais il peut utiliser les corps cétoniques.

L’insuline n’a pas d’effet sur le métabolisme énergétique du cerveau.

Le Muscle utilise 20 à 80 % de la production énergétique de l’organisme

Réserve de protéines, de glycogène pour son propre usage (le muscle ne produit pas de glucose). Ses sources d'énergie sont le Glucose plasmatique (en situation post-abortive et en situation post- prandiale stimulée par l’insuline) et les acides gras libres circulant en situation post-prandiale, au cours du jeûne et au cours de l’exercice.

Les organes de maintien permettent l’apport permanent de substrats aux différents organes par les interconversions.

Le Foie est une réserve de glucose (glycogène) et en petite quantité de triglycérides. Il peut produire du glucose à partir du Glycogène et de précurseurs glucoformateurs ( AA, glycérol, Ac lactique) produits par d'autres organes. En cas d’excès d’apport de glucose, il stocke ce dernier sous forme de glycogène et éventuellement de triglycérides si les stocks de glycogène sont pleins. Les AA sont une source d'énergie pour le Foie en période post-prandiale et les AG après 8h de jeûne.

Le Tissu adipeux est une réserve de triglycérides, qui libère les acides gras lorsque l’insuline est basse. En présence d'insuline, c'est le glucose qui est stocké dans les vacuoles des lipocytes et les AG le sont en toute circonstance.

Les organes excréteurs sont :

les reins excrètent les résidus non volatiles : azote sous forme d’urée, acides sous forme de sels d’ammonium

Ils peuvent produire du glucose par la néoglucogénèse au cours du jeûne prolongé.

Les poumons éliminent le CO2.

jeûne

Lors du jeûne, à distance de la période prandiale, la baisse de l’insulinémie et l’élévation du glucagon vont permettre à l’organisme d’utiliser les réserves énergétiques. Le niveau des réserves énergétiques dépend de la composition corporelle d’un individu, et notamment de son niveau de masse grasse. Ces réserves ne sont pas toutes entièrement mobilisables, c’est ainsi que le glycogène musculaire est uniquement disponible au niveau du muscle.

Un des points majeurs de l’adaptation au jeûne est de permettre la permanence d’un apport énergétique au cerveau. Suivant la phase du jeûne, ces substrats seront le glycogène hépatique, le glucose dérivé des protéines et les acides cétoniques dérivés des acides gras. Les autres organes utilisent les acides gras comme substrat dès la chute de l’insulinémie.

Le jeûne peut être subdivisé en 3 phases. Au cours de ces phases, la consommation de glucose de l’organisme va progressivement diminuer, en raison de deux phénomènes :

  • Une diminution de la dépense énergétique
  • La synthèse par le foie de corps cétoniques qui pourront être utilisés par le cerveau, permettant la diminution du besoin en glucose

La phase glucidique

C’est la période interprandiale qui commence à la fin de la digestion et dure environ 20h.

Le matin, après 12 h de jeûne (état basal), l’utilisation de glucose est de 10,5 g/h pour un homme de 70 kg. Dans cette situation physiologique, 80 % du glucose sont utilisés par les tissus non insulino-dépendant (cerveau, médullaire rénale, intestin, peau, éléments figurés du sang) et 20 % essentiellement par le muscle squelettique. Le glucose provient de la glycogénolyse hépatique activée par une baisse de l’insulinémie et l’élévation du glucagon. La réserve de glycogène hépatique est épuisée au bout de 20 heures pour une utilisation de 5 g/heure.

La néoglucogénèse activée par l’augmentation de la quantité de substrats glucoformateurs, notamment le glycérol provenant de la lipolyse, les acides aminés glucoformateurs (alanine, glutamine), le lactate, l’augmentation de la synthèse et/ou de l’activité des enzymes clés de la néoglucogenèse et diminution de la synthèse et/ou de l’activité des enzymes clés de la glycolyse.

Les acides gras provenant de la lipolyse (tissu adipeux), sont utilisés par tous les tissus en dehors du cerveau et des éléments figurés du sang.

La phase protéique (entre 1 et 3 jours)

La dépense d’énergie diminue, en raison d’une baisse d’activité et d’une diminution des interconversions entre substrats. La production de corps cétoniques est encore insuffisante. Les besoins du glucose du cerveau (120 g/jour) sont entièrement couverts par la néoglucogénèse, provenant essentiellement des protéines (120 g de glucose proviennent de 200 g de protéines) et du glycérol fourni par la lipolyse. Les autres organes oxydent des acides gras. Cette phase se caractérise donc par une augmentation de la protéolyse et une négativation du bilan azoté, traduisant la perte de protéines corporelles.

La phase cétonique

Les substrats sont principalement fournis par la lipolyse. Les acides gras, produits sont :

Soit oxydés directement au niveau du foie, du muscle, du tube digestif et du rein.

Soit transformés en corps cétoniques au niveau du cerveau et des éléments figurés du sang, mais également au niveau des muscles, du tube digestif et du myocarde.

L’utilisation du glucose est réduite de plus de 50 %, ce glucose provient de la néoglucogénèse. Le bilan azoté est nul ou faiblement négatif.

jeûne

Différents types de jeûne et mono-diètes

Jeûne aux légumes qui poussent dans la terre : carotte, betterave.

L’énergie bouge vers la terre, restaure la santé hormonale, soigne la stérilité, élimine les toxines minéraux (calculs etc.), augmente l’ancrage et la confiance et soi.

Jeûne aux légumes qui poussent au-dessus de la terre : concombre, tzukini, asperge, chou, citrouille, butternut. Refroidit, nourrit le système nerveux, redonne des forces en cas d’épuisement, apaise le mental, améliore la digestion, soigne les allergies (déconseillé en hiver).

Jeûne aux feuilles vertes : épinard, chou chinois, blette (comme base avec des petits ajouts des herbes aromatiques). Améliore la mémoire et la digestion, purifie, rajeunit et renforce les cellules, rétablit les rythmes (cardiaques, spasmes intestinaux).

Jeûne aux pastèques ou melons (jamais ensemble).

Régulation du fonctionnement du système lymphatique, refroidissement (à terminer avant 18h, déconseillé en hiver).

Jeûne aux fruits : abricots, bananes, dates, figues, oranges, pommes, prunes, raisins.

Augmente l’immunité, l’énergie bouge vers le haut, vers le ciel.

Jeûne aux baies acides : cranberries, groseilles, cerises, groseilles à maquereau, myrtilles.

Détoxifie, l’énergie bouge vers le bas, vers la terre, évacue l’excès des glucides et baisse l’acidité (déconseillé en hiver).

Jeûne à « l’eau verte » : l’eau avec de la poudre de spiruline, chlorella, moringa, protéines de chanvre, son de riz, l’herbe de blé (en poudre séchée), makka, cacao cru, baobab, etc.

A boire autant que vous voulez (pas plus de 2 cuillères à soupe de poudre dans la journée). Très pratique si vous voyagez souvent. Rajeunit et purifie. Privilégiez l’eau chaude ou tiède pour garder le Vata dosha équilibré.

Jeûne à l’eau.

A boire autant que vous voulez.

Rajeunit et purifie. Privilégiez l’eau chaude ou tiède pour garder le Vata dosha équilibré.

Jeûne à sec

Très puissant mais recommandé seulement aux pratiquants spirituels. Si pendant le jeûne à sec, la personne ressent la faim, et trop dérangée par l’envie de manger il vaut mieux l’arrêter car ce type de jeûne peut créer des tentions psychiques et corporelles. Si ce jour, la personne est complètement absorbée dans la pratique et jeûne pour un but élevé, c’est-à-dire le détachement, la meilleure concentration sur le Divin (et non pas pour sa santé uniquement), le jeûne sera très bénéfique et rajeunissant!

 

jeûne

Voici quelques lignes directrices sur la façon de commencer le jeûne:

1. Commencez par un jeûne d'une journée. Cela vous donnera une idée sur la façon dont le jeûne se sent. Ce jeûne d'une journée est censé vous faire sentir que le jeûne n'est pas dur du tout, que vous pouvez aller sur une plus longue période de temps.

2. Si vous êtes le genre de personne qui mange 3 repas par jour et des collations entre les deux, commencer le jeûne peut être un peu plus difficile. Ce que vous pouvez faire c’est de manger un seul repas complet (composé de céréales et de légumes) par jour autour de l'heure du déjeuner, tout en buvant de l'eau ou du jus à d'autres moments de la journée. Une fois que vous arrivez à manger moins de nourriture en une journée, vous pouvez passer à la vitesse supérieure en jeûnant toute une journée.

3. Décidez quel type de rythme vous voulez suivre. Il peut s'agir d'un jeûne basé sur l'eau, un rapide jus de fruit ou un jus de légumes. Une fois que vous avez décidé, respectez-le (la plupart des gens recommandent le jeûne de jus). Pour l’eau, boire environ 7 verres d'eau claire par jour. Pour les jeûnes au jus, boire la même quantité de jus de fruits ou de légumes. Buvez lentement de façon à absorber le Prana d'eux.

4. Du jeûne d’une seule journée, l'objectif est de passer à plusieurs jours de jeûne. Mais si vous trouvez le jeûne pendant plus de 3 jours difficile, vous pouvez manger des aliments légers comme des légumes et des soupes pour un jour et revenir à jeun le lendemain. Essayez de faire une série de jeûnes de 3 jours avec 1 jour de repas légers entre eux. Finalement, vous serez en mesure de passer à des jeûnes de 5 journées, voire plus.

Habituellement, les premiers 2 ou 3 jours du jeûne plus sont les plus difficiles. Vous ferez l'expérience des maux de tête, des vomissements, et même d’une augmentation de l'irritabilité. Les problèmes respiratoires peuvent également survenir. Surmonter les en pratiquant Pranayama.

Le jeûne ne doit pas être une excuse pour faire des exercices légers. Promenez-vous tous les jours, mais évitez les activités intenses comme le jogging. Pratiquez l’Asanas et donnez-vous du temps pour la méditation. Le jeûne ne doit pas vous empêcher d'accomplir vos tâches quotidiennes. Il ne faut pas se coucher sans rien faire juste parce que vous êtes à jeun.

Seulement au bout de 3 jours de jeûne vous commencerez à voir les avantages: augmentation de l'énergie mentale, la concentration accrue et de l'amélioration dans un certain sens. C'est pourquoi de longs jeûnes sont nécessaires pour l'expérience du jeûne ultime.

 

 

jeûne

Quelques conseils généraux

  1. Pour un jeûne classique d’une journée, vous arrêtez de manger dès le matin et reprenez le lendemain matin.
  2. Mangez léger et équilibré lors des repas précédant et suivant le jeûne.

  3. Choisissez un aliment et le manger cru (de préférence). Les personnes avec la dominance de Vata dosha ou toute personne lors la saison hivernale peuvent cuire légèrement cet aliment à la vapeur (mais attention sans huile, épices et autres ajouts). La forme de vos repas doit également rester la même : par exemple si vous jeûnez aux carottes crues, mangez-les toute la journée crues et entières et non pas le matin en smoothie, à midi en salade râpée et le soir en soupe.

  1. Vous n’êtes pas obligé de suivre des horaires des repas comme l’Ayurveda le conseille habituellement. Tout simplement, mangez l’aliment de votre choix à volonté quand vous en avez envie.

  1. Buvez de l’eau tiède ! Cela aide à éliminer les ama.

  1. Massez-vous : en mode automassage ou par quelqu’un mais dans tous les cas, avec beaucoup d’huile (en hiver, avec l’huile de sésame, et en été, avec le beurre de coco)! Comme le jeûne augmente fortement Vata dosha, le massage permet de contrecarrer cet effet, et en plus, il donne un réconfort émotionnel et mental.

  1. Ne faites pas d’autres nettoyages (lavement ou purge) pendant le jeûne.

  1. Créez des conditions confortables, organisez-vous de sorte de ne pas avoir trop d’activité physique et trop de discussions car les deux dépensent beaucoup notre énergie.

  1. Si vous avez des maux de tête le jour du jeûne, n’allez pas à la selle le lendemain car cela témoigne d’un fort déséquilibre de Vata dosha en vous. Arrêtez de jeûner et adressez-vous à un thérapeute ayurvedique pour régler avant tout ce déséquilibre.

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Des effets indésirables

La sensation de faim disparaît en général au début du troisième jour, lorsque le corps s'habitue à se nourrir de ses réserves et n'attend plus d'alimentation extérieure. Restent quelques autres effets désagréables. Frilosité, fatigue, hypotension, maux de tête, douleurs lombaires, brûlures d'estomac, palpitations cardiaques, peuvent être du voyage. Dites-vous que le corps se nettoie, élimine. Mais lorsque le jeûne est pratiqué sous contrôle médical, ces crises sont rares. Dans tous les cas, un jeûne se prépare physiquement et mentalement. Il est indispensable de réduire son alimentation et en particulier les protéines et de préparer le corps progressivement quelques jours avant en supprimant l'alcool, le tabac. À la fin du jeûne, la reprise alimentaire doit être, de la même façon, progressive. Un impératif, demander conseil à un médecin ou un naturopathe avant de se lancer.

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La rupture du jeûne

C'est peut-être la partie la plus difficile du jeûne. Vous ne pouvez pas le rompre radicalement car vous pouvez vous sentir mal. Le mieux est de rompre le jeûne dans la soirée, afin de permettre à la nourriture de passer par votre système pendant que vous dormez la nuit. Aussi n'oubliez pas de bien mastiquer vos aliments, car le système digestif a été au repos, pour rendre le processus de la digestion plus facilement.

L'ayurvéda recommande de sortir du jeûne en cosommant des produits sattviques qui sont trèss digestes (le lait étant une exception) et apportent une énergie de douceur, d'équilibre et de joie.

Si vous avez jeûné une journée, vous pouvez manger comme d'habitude, en évitant les produits carnés, dès le déjeuner du jour de la sortie du jeûne. Consommez des fruits : dattes, abricots (frais ou secs), raisins (frais ou secs), figues (frais ou secs), bananes, prunes ou pruneaux, oraanges, maangues, pomme, pèche mais aussi ddu miel , des concombres...

Il est déconseillé après un jeûne de consommer des produits contenant des composants artificiels (conservateurs, préservateurs, colorants) comme des jus en brique (même si l’affirmation « 100% naturel » vous séduit), des confitures, des gâteaux tout faits, globalement tout ce que vous n’avez pas cuisiné vous même ! Nourrissez-vous de prana et de nourriture pranique, surtout après une purification !

Pour un jeûne de deux jours, procédez comme suit:

• Jour 1: fruits frais et une cuillère à café de yaourt nature pour la digestion

• Jour 2: Salades

• Jour 3: légumes cuits à la vapeur

• Jour 4: retour progressif à votre régime alimentaire normal.

Si vous avez jeûné pendant 4 jours, il suffit de doubler le nombre de jours pour chaque étape. Suivez le même rythme pour des jeûnes plus longs. Évitez le thé, le café, l'alcool, et l'assaisonnement lors de la rupture du jeûne. Rappelez-vous juste de ne pas trop manger ou de mélanger trop de types de nourriture à votre premier jour de nourriture. Tout faire, lentement mais sûrement.

jeûne

Prêts à vous lancer dans cette aventure?

Longtemps utilisé à des fins thérapeutiques, le jeûne a été un peu oublié avec l'arrivée de la médecine moderne. Jeûner consiste tout simplement à se priver de nourriture, pendant un temps plus ou moins long, pour de multiples raisons et de différentes manières. Jeûne thérapeutique, jeûne détox, jeûne religieux... on l'a vu.

Faites vous accompagner, écouter votre corps... Le jeûne n'est pas sans risque s'il se prolonge au delà d'une journée ou si vous n'êtes pas en bonne santé.

belle pratique

Impermanence

27 Février 2017, 06:09am

Le corps, aussi impermanent que la brume printanière ;

L'esprit, aussi immatériel que le ciel vide ;

Les pensées, aussi évanescentes que la brise qui passe :

À ces trois choses songe continûment.

 

Guialwa Godrakpa

Impermanence

En soi

25 Février 2017, 20:05pm

Si l’homme ne trouve pas la paix en lui, la paix peut-elle exister dans le monde ?

Durant la journée de temps à autre, je goûte à cet état de calme, de sérénité, de paix profondément ancrée en moi

 

Sagesse du Raja Yoga

toucher le moment présent

9 Février 2017, 02:31am

Publié par Association Ananda

toucher le moment présent

Nous devons apprendre l’art de nous arrêter – arrêter nos pensées, nos énergies d’habitude, notre oubli et les émotions fortes qui nous gouvernent.

Lorsqu’une émotion s’empare de nous, tel l’orage, nous ne sommes pas en paix. Nous allumons la télévision pour l’éteindre aussitôt après.

Nous prenons un livre pour le reposer immédiatement. Comment peut-on mettre fin à cet état d’agitation ? Comment peut-on mettre fin à notre peur, notre désespoir, notre colère et notre avidité ?

C’est possible en pratiquant la respiration consciente, la marche consciente, le sourire conscient et le regard profond qui permet la compréhension.

Lorsqu’on est en pleine conscience, touchant profondément le moment présent, les fruits sont toujours la compréhension, l’acceptation, l’amour et le désir d’apaiser la souffrance et d’apporter de la joie...

Thich Nhat Hanh.

toucher le moment présent

respire, tu es vivant

6 Février 2017, 16:49pm

Publié par Association Ananda

respire, tu es vivant

Quand nous respirons en conscience, nous sortons de l'erreur, nous déconstruissons ce qui nous submerge. Nos humeurs, nos émotions, nos impulsions. Nous les réduisons à des éléments reconnaissables, clairs, en énergie et, nous les regardons passer comme des nuages qui passeraient en nous.
Nous voyons ce centre de calme.Nous nous donnons la possibilité de de forger des réactions appropriées à chaque situation. Apprenons à laisser le calme de notre coeur s'installer dans notre esprit.

 

 

Tout ce dont j'ai besoin pour trouver la paix est présent en moi.

L. Kaminoff

respire, tu es vivant

Lâcher prise devient le maître mot !

3 Février 2017, 23:05pm

Publié par Association Ananda

Le Lâcher-prise

Dans le monde moderne, on parle beaucoup du stress et de la tension. Même ceux qui ne suivent pas une voie spirituelle sentent bien que de nombreux obstacles dans leur vie sont dus à ce stress.

Lâcher prise devient le maître mot.

C'est le thème de cette conférence passionnante donnée à Paris le 30 novembre 1993 par Jigmé Rinpoché.

Lâcher prise devient le maître mot !

Lorsqu'on parle de lâcher prise dans le bouddhisme, on fait directement allusion à l'équanimité*, dont il existe deux sortes. Il y a l'équanimité venant de la réalisation ultime, de ce que la conscience est tout entière baignée dans la sagesse ou la suprême connaissance qui est sa nature véritable. L'autre équanimité, qu'on pourrait appeler quotidienne ou ordinaire, permet sinon d'échapper aux aléas du quotidien et à toute souffrance, du moins d'adopter vis-à-vis de la souffrance et des contrariétés de la vie quotidienne une attitude qui fait qu'elles nous atteignent beaucoup moins.


J'aimerais ne pas les séparer l'une de l'autre et traiter les deux à la fois, parce qu'en fait l'une ne va pas sans l'autre. On ne peut parler de la suprême équanimité sans que celle-ci implique le lâcher prise dans la vie de tous les jours; on ne peut parler du lâcher prise au quotidien sans faire allusion à cette qualité inhérente à l'esprit qu'est la suprême équanimité.
Quand on parle d'équanimité ultime, on fait référence à la vraie liberté qui est indissociable de la nature fondamentale de l'esprit. Elle est directement liée à ce qu'on appelle la saisie dualiste ou saisie égocentrique, mode ordinaire du fonctionnement de la conscience. Il faut savoir que le but du chemin spirituel est justement de s'affranchir de cette saisie égocentrique pour que la conscience puisse enfin demeurer dans son état naturel qui est totale liberté, complète absence de contrainte.

 

Lâcher prise devient le maître mot !

Il faut bien saisir d'emblée que nous allons parler d'une part de réalisation ultime, de libération, d'état fondamental de l'esprit, et d'autre part de la conscience ordinaire ainsi que d'un état au quotidien.

Les Occidentaux ont tendance à considérer que ce sont deux choses différentes et qu'il faudrait en quelque sorte quitter une conscience ordinaire pour aller vers la libération. Mais l'une ne va pas sans l'autre et il est impossible d'obtenir l'éveil en se fixant un objectif lointain qui serait cette libération, sans se préoccuper du quotidien.

En fait, cette libération ne peut s'obtenir qu'en s'appuyant sur et en approfondissant l'instant présent, le vécu de tous les jours. D'un autre côté, si nous nous laissons complètement engloutir par ce vécu de tous les jours sans lui donner une dimension faisant référence à l'état ultime de la conscience, nous restons englués dans le quotidien. Il y a donc un équilibre à trouver, au sein duquel on tend vers l'éveil ultime tout en s'appuyant sur le vécu quotidien sans le rejeter.


Le processus par lequel on accède à cette liberté totale, qui est d'abord une liberté intérieure mais qui est aussi une véritable liberté, est ce qu'on a coutume d'appeler un processus de libération. Lorsqu'on se libère, on dit souvent: "Je m'échappe d'une prison, j'ouvre la porte et je sors." C'est un peu cela, à part qu'il n'y a pas un endroit vers lequel sortir. Il suffit de se libérer d'un aveuglement qui nous empêche de voir ce que nous sommes déjà.

Ce but ultime vers lequel nous tendons et ce lâcher prise dont il est question sont tout simplement le mouvement même qui amène à cette libération.

Lâcher prise devient le maître mot !

Nous avons aussi souvent tendance à considérer la libération sous une forme quelque peu négative, en termes de sacrifice, comme un renoncement forcé, comme si se libérer consistait à devenir quelqu'un dépourvu de passion, quelqu'un de terne, quelqu'un que plus rien n'intéresse: Mais il ne s'agit pas de cela. La libération dont on parle n'est pas un amoindrissement ni un appauvrissement; il s'agit au contraire de se libérer de toutes les entraves qui empêchent d'être pleinement présent.


La libération ne revient pas à placer un éteignoir sur tout, elle est au contraire un épanouissement. On n'a pas encore trouvé de meilleure image pour l'évoquer que celle du lotus.

Le lotus est une plante qui vit dans les marécages, en général dans des endroits malodorants. Sur la boue, vous voyez des feuilles flotter, une tige se dresser et une fleur magnifique s'épanouir. Il n'y a rien de plus beau peut-être qu'une fleur de lotus. Elle est énorme, complètement épanouie au-dessus de toute cette fange dans laquelle elle s'enracine, mais par laquelle elle n'est pas souillée. Elle est belle au-dessus du marécage.

Quand on parle de la libération, c'est un peu pareil. Nous sommes plongés dans le cycle des existences et de ce fait nous sommes immergés dans la souffrance, la laideur, les difficultés, l'impermanence. A partir de cela, et seulement à partir de cela, si nous opérons cette reconnaissance de notre nature véritable, si nous reconnaissons en nous cette nature de lotus et que nous la .laissons s'épanouir, nous pouvons développer la conscience parfaitement libre et sereine qui, tout en étant complètement enracinée dans le monde et dans le quotidien, en est entièrement libre.
Ce que le Bouddha a enseigné - on entend souvent dire qu'il faut rejeter le monde, le fuir et le nier comme quelque chose d'intrinsèquement mauvais - c'est : Vous êtes dans le monde, vous êtes dans le cycle des existences. D'accord, le monde est souffrance ; d'accord, la situation n'est pas confortable. Seulement, à partir de cette situation, en vous appuyant sur elle, vous pouvez atteindre un état libre de souffrance, qui est totale liberté. Tout cela est parfaitement réalisable, parce que ce n'est rien d'autre que la nature même de votre propre esprit.


Ce processus, qui se traduit en tibétain par sangyé, signifie deux choses:

  • une complète purification de l'esprit qui tout à coup se défait de toutes les scories qui l'encombrent,
  • et un complet épanouissement de toutes les qualités potentielles de cet esprit.

Exactement comme un bourgeon contient tous les pétales, l'esprit, quand il n'est plus enfermé dans la gangue de la saisie égocentrique, s'épanouit et rayonne ses qualités. Celles-ci se trouvent alors spontanément disponibles pour ceux qui sont autour, c'est-à-dire tous les êtres.
 

 

Lâcher prise devient le maître mot !

Cet épanouissement ou lâcher prise ne dépend que de nous et c'est maintenant, tout de suite, que nous pouvons permettre à l'éveil de s'actualiser et de se réaliser.

Pour cela, il faut opérer une double reconnaissance : à l'extérieur et à l'intérieur de soi, les deux étant d'une même nature.

A l'extérieur, nous reconnaissons la nature de ce qui nous entoure:

nous essayons de comprendre la nature des êtres qui vivent autour de nous et, éventuellement, la nature même des choses et de l'univers. Quand on dit reconnaître, cela ne veut pas dire faire une analyse chimique ou faire de la psychologie, bien que cela en participe, mais essayer de toucher du doigt, de voir clairement la nature des êtres et de l'univers.

Et à l'intérieur de soi, il faut faire la même chose:

nous nous attachons petit à petit à découvrir de quoi nous sommes faits, ce que nous sommes vraiment.


Cette reconnaissance est une constatation qui paraît toute bête une fois qu'on l'a faite, mais bien souvent on ne s'arrête pas pour la faire.

On vit et puis on réagit, mais on ne se pose jamais la question. On se dit: "Je vis au milieu des autres, ils sont bien ennuyeux, ils font du bruit, créent des encombrements, prennent mon travail..." On les considère un peu comme des choses faisant partie de notre paysage ou interférant avec nos désirs.

Si nous regardons vraiment nos contemporains, que voyons-nous ?  

Nous voyons des gens qui existent, c'est-à-dire que, pour chacun d'entre eux, la personne la plus importante est lui-même. Chacun est au centre de l'univers, et il faut reconnaître que c'est valable pour tous autant que pour nous-mêmes, c'est-à-dire qu'ils existent autant que nous. C'est le premier point.

Ensuite, nous nous apercevons d'une autre chose: "Comme c'est curieux, tous ces gens-là veulent être heureux; tous ont peut-être des idées différentes sur ce qu'est le bonheur, mais tous veulent être heureux." Et tous veulent éviter la souffrance, à moins que la souffrance ne leur fasse plaisir, auquel cas c'est différent, mais en général les gens veulent éviter la souffrance.

Quand on dit cela de cette manière, cela paraît idiot, malheureusement on n'y pense jamais. Lorsqu'on s'attarde à y réfléchir, on s'aperçoit que c'est non seulement valable pour nos collègues de bureau ou nos voisins de palier, mais partout, où qu'on aille dans le monde. C'est une constatation absolument essentielle.

On ne va pas d'un seul coup se dire: "Je vais me lancer dans une entreprise pour le bien de l'humanité souffrante, etc."

Non, au départ, le premier pas vers l'éveil et la libération consiste tout bêtement à reconnaître aux autres le droit d'exister, et celui de souhaiter le bonheur et d'éviter la souffrance.

Une fois qu'on voit autour de soi non plus des gens ou une foule, mais des personnes, des êtres qui existent, qui ont profondément le désir d'être heureux et la peur d'être malheureux, les choses apparaissent d'une manière différente: on commence à comprendre. Très souvent, on voit les gens agir et on se dit: "C'est idiot, cela ne devrait pas être comme ça !" Effectivement, très souvent, nous commettons des erreurs, mais ces erreurs ont une raison d'être. Chacun d'entre nous se définit en tant que "moi, je" : "je suis important, je veux être heureux, j'ai peur d'être malheureux", alors on s'agite et on agit d'une manière qui peut être juste et sensée ou qui l'est moins.

L'important est de comprendre pourquoi les gens agissent, de voir qu'entre eux et nous il n'y a pas de différence.
Lorsqu'on se donne la peine de regarder les choses sans chercher à les transformer ou à les expliquer par de grandes théories, lorsqu'on essaye simplement de comprendre et de savoir, quel est le vrai problème ? C'est la souffrance.

Quand cela va bien, il n'y a pas de problème; mais cela s'arrêtera d'aller bien un jour, et ce sera une souffrance. Le vrai problème est donc la souffrance. Cette souffrance, les autres l'éprouvent, nous aussi. Si nous voulons la comprendre, le plus facile est quand même de la voir en nous-mêmes et de chercher d'où elle vient.

Qu'est-ce qui nous rend malheureux ? Les autres, bien sûr; c'est toujours la faute de quelqu'un! Mais si nous regardons les choses honnêtement et que nous cherchons à voir au-delà de leur surface, nous nous apercevons que ce n'est plus aussi évident. Même quand les autres sont directement impliqués, la souffrance est en nous-mêmes et, bien souvent, c'est nous qui la provoquons ou qui nous y rendons réceptifs.

Lorsqu'on arrête d'accuser constamment les autres, quand on cesse de se dire que, si cela ne va pas, c'est parce qu'à l'extérieur cela ne va pas, et qu'on se penche d'une manière honnête sur soi-même, on s'aperçoit que les choses peuvent être très différentes en fonction de l'état d'esprit que l'on adopte.

Il y a deux sortes d'état d'esprit:

  • celui qui tend à développer une préoccupation sincère pour les autres,
  • et celui dans lequel on a l'habitude de se laisser sombrer et où la seule chose qui compte est soi-même.

Dans cet état fondamentalement apathique, nous nous contentons de réagir à ce qui nous arrive: tout n'a d'importance que par rapport à nous-mêmes.

Par contre, on s'aperçoit que lorsqu'on se préoccupe des autres, lorsqu'on aide et qu'on donne un coup de main, il y a bien des choses qu'on ne voit même plus passer; les choses qui pourraient être désagréables prennent une importance tout à fait secondaire et sont beaucoup plus supportables. On se rend compte également qu'on voit mieux les choses lorsqu'on n'est pas dans cette espèce d'apathie et de désintérêt, ce qui permet d'ailleurs de les remettre à leur place et de voir clairement ce qu'elles sont.

Lâcher prise devient le maître mot !

Pour rendre cela plus explicite, il faut parler de l'amour et de la compassion.

Qu'entend-on par amour et compassion ?

Il s'agit très exactement de ce dont on vient de parler: l'attitude représentant le contraire de l'apathie, qui consiste à s'apercevoir que les autres existent. On a vu qu'à partir du moment où l'on s'aperçoit que les autres existent, on s'aperçoit également qu'ils craignent la souffrance et qu'ils veulent le bonheur. Pour nous-mêmes, c'est la même chose. Et, dans l'absolu, on ne voit pas pourquoi on ne souhaiterait que cela advienne; il faut avoir l'esprit vraiment mal tourné pour souhaiter le malheur des gens!

L'amour est donc ce mouvement tout naturel qui consiste à souhaiter que cela aille bien pour tout le monde, soi-même compris bien sûr .


La compassion est un peu plus compliquée. Bien sûr, il est facile d'avoir de la compassion pour quelqu'un de misérable, pour un enfant qui mendie dans la rue par exemple. Mais la compassion pour un tortionnaire ou quelqu'un qui nous ennuie au travail, c'est déjà plus difficile!

Et pourtant notre univers fonctionne à partir de lois fondamentales.

On en connaît quelques-unes :

si nous lâchons une pierre et qu'elle nous tombe sur le pied, cela nous fait mal, c'est la loi de la gravité.

Il est une autre loi qui s'appelle la loi de causalité ou loi du karma.

Karma est un mot sanscrit qui désigne l'action. Cette loi de l'action et de la réaction est présente dans tous les domaines, dans toutes les actions que nous accomplissons avec notre corps, notre parole ou notre esprit. Il faut savoir que les réactions que vont entraîner nos actions, leurs conséquences, nous rattrapent. On ne sait ni quand ni comment, mais une chose est certaine: une action d'un certain type entraîne des conséquences du même type, c'est-à-dire que si l'on engendre la souffrance et qu'on fait souffrir quelqu'un, on est sûr que tôt ou tard on aura soi aussi à souffrir, peut-être pas de la même personne, mais on sera par exemple confronté à une maladie, etc. Par contre, si l'on s'efforce de soulager la souffrance et qu'on adopte une attitude positive, il est certain que notre vie s'en trouvera facilitée, on ne sait pas comment mais c'est une certitude.

Lâcher prise devient le maître mot !

Lorsqu'on connaît cette loi de causalité, il faut en tirer les conséquences.

On agit souvent soi-même en dépit du bon sens, mais en plus de cela des millions de personnes également ignorantes de cette loi agissent en toute bonne foi en ne faisant qu'accumuler pour elles-mêmes des causes de souffrance. C'est vraiment comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus d'eux. On en voit qui sont de bonne volonté mais commettent des actes affreux du point de vue du karma et qui donc auront tôt ou tard à en subir les conséquences, par pure ignorance. Alors, ceux qui se laissent emporter par leurs émotions et commettent des actes nuisibles en le sachant, mais sans vraiment en comprendre les conséquences... !

Quand on a profondément compris cela et qu'on regarde les autres avec leur désir de bonheur et leur crainte de la souffrance, on ne peut qu'avoir pitié, éprouver de la compassion et désirer que cela s'arrête. C'est un gâchis, il faut que cela cesse! Telle est la compassion.
Il ne faut surtout pas se dire: "Cela se passe dehors", car nous sommes partie intégrante de ce processus et faisons la même chose. Il ne faut pas s'exclure de ce regard aimant et compatissant que l'on développe pour les autres, mais avoir de l'amour et de la compassion pour soi aussi. Lorsqu'on a peu à peu développé la lucidité et la vigilance, on voit tant d'absurdités, d'erreurs et de souffrances inutiles autour de soi qu'on se dit qu'il faut arrêter. On se met alors à agir d'une manière différente. On commence à tenir compte de ce qu'on peut comprendre des conséquences de nos propres actions. On commence à tenir compte du fait que notre état d'esprit est pour beaucoup dans la nature de nos actes. On en vient à se dire que l'ouverture d'esprit est une bonne chose, que se tourner vers les autres et s'en préoccuper est le meilleur moyen pour rester vigilant également vis-à-vis de soi-même. Peu à peu, on développe des habitudes de pensée et de vie qui ne sont peut-être pas complètement justes ni complètement dépourvues d'erreurs, mais qui sont au moins plus saines.
On pourrait se dire: "J'ai compris et à partir de maintenant tout va devenir facile." C'est en général ce que l'on se dit une fois qu'on a bien réfléchi. Malheureusement, on s'aperçoit que cela marche rarement ainsi: on voit les choses à peu près comme elles sont, on voit très bien ce qu'il faut faire ou ce qu'il faudrait faire, et puis, pour une raison ou pour une autre, on fait le contraire; et là ce n'est pas la faute à « pas de chance ! » C'est de notre faute, c'est nous-mêmes qui ne faisons pas, qui n'agissons pas, qui ne parlons pas, qui ne pensons pas comme nous le devrions. Jusqu'à présent, quand cela n'allait pas, nous pouvions nous dire: "Ce sont les autres, les circonstances, la conjoncture..." Nous avons vu que ces raisons étaient plus ou moins fallacieuses et que, si quelque chose nous empêche d'agir, de penser, de parler comme nous le devrions, cela ne peut venir que de nous-mêmes.

Effectivement, les véritables ennemis ne sont pas à l'extérieur, mais en nous, et ils ne sont des ennemis que parce que nous ne les reconnaissons pas. Chacun sait que l'esprit est habité par les émotions. Le malheur est que personne ne nous a jamais appris à les voir fonctionner ni à voir comment elles prennent le pouvoir à l'intérieur de notre esprit. Evidemment, tant qu'elles ne sont pas reconnues pour ce qu'elles sont, tant que nous ne savons pas vraiment comment elles fonctionnent et comment elles tiennent les commandes de notre être, ces émotions s'en donnent à coeur joie. A ce moment-là, ce n'est plus nous qui parlons, c'est notre colère, notre aversion, notre jalousie, etc. C'est grave et cela nous fait commettre des erreurs fondamentales.


Mais à partir du moment où l'on sait que ces émotions existent, où l'on devient vigilant et commence à les voir, elles perdent très vite de leur pouvoir. Qui a le pouvoir à l'intérieur de notre propre esprit ? C'est nous, ce n'est pas forcément notre colère, notre jalousie ou notre cupidité, etc.
Il ne faut surtout pas prendre le mors aux dents et partir en guerre contre les émotions: puisqu'elles sont la cause de nos malheurs, supprimons les émotions, bridons-les, enfermons-les, écrasons-les ! Les émotions sont naturelles. Ce n'est pas contre les émotions qu'il faut partir en guerre, c'est contre le pouvoir qu'elles prennent sur nous à notre insu. C'est facile, il suffit de les voir, d'en prendre conscience, de regarder à l'intérieur de son esprit. Tant qu'on ne les a pas vues, tant qu'on n'a pas reconnu qu'elles étaient là, il est vrai qu'elles prennent le pouvoir et qu'on n'y peut rien: on a cassé la vaisselle avant de s'apercevoir qu'on était en colère, on a déjà dit une vacherie avant de s'apercevoir qu'on était jaloux! Mais à partir du moment où l'on reconnaît qu'elles sont là et où l'on apprend à les regarder, on finit par les voir. Et si l'on se dit qu'on a autre chose à faire que de se mettre en colère ou de se laisser aller à des réflexions, on est libre de le faire.

Attention! reconnaître les émotions signifie les voir et se dire "Oui, c'est bien là", et non: "Jaloux moi, pas du tout !" C'est là, mais nous savons que nous n'avons pas à y céder, et pour nous aider à ne pas céder systématiquement à nos émotions, nous avons fort heureusement un allié puissant en la sagesse intrinsèque de notre esprit.


Fondamentalement, l'esprit est lucidité, clarté et sagesse. Lorsqu'il n'est pas encombré d'émotions et de pensées, qu'on lui laisse un petit peu de calme et qu'on se met en face de ce qui se passe, il choisit la solution juste. Si nous regardons notre colère, notre jalousie ou notre cupidité et la voyons vraiment, tout naturellement, au bout d'un certain temps, nous serons amener à choisir une autre solution et cela sans effort particulier. C'est tellement sain, tellement naturel !
 

Lâcher prise devient le maître mot !

Bien que cela ne soit pas difficile, il faut s'entraîner et faire appel à un petit exercice que tout le monde connaît, mais auquel peu se livrent, qui s'appelle pratiquer le contentement.

Qu'est-ce que cela signifie ? Cela ne veut pas dire être béat et penser: "Tout est beau, tout va bien, tout le monde est gentil..." Ce n'est pas cela du tout. C'est reconnaître ce que l'on a ici et maintenant, et voir que l'on est fondamentalement heureux, même quand cela ne va pas.

Souvent on rêve au passé: "Ah ! si j'avais fait ceci, si je n'avais pas fait cela, si seulement, si ma mère, si mon père, si mes profs, si mon patron, etc., je n'en serais pas là, je pourrais être mieux, etc." Et chacun en fait au-tant. D'un autre côté, on se dit: "Vous allez voir, quand j'aurai ça, ce sera super! Quand j'aurai mon augmentation, quand j'aurai mon bac, quand... etc." Et, entre temps, on ne vit pas parce que, pour avoir cette fameuse augmentation ou le bac ou ceci ou cela, il y un tas de choses à faire et on les fait comme on peut, parce qu'il y a de l'urgence dans la situation et qu'il faut y arriver. Quand s'est-on dit : "Cela va bien" ? Jamais !
Ou bien nous regrettons quelque chose qui n'existe plus, ou bien nous sommes désespérément tendus vers quelque chose que nous n'avons pas encore, mais ici et maintenant, nous n'y sommes pratiquement jamais. "Il est bientôt l'heure de manger, j'ai faim; quand se termine cette conférence ? etc."

Nous sommes sans cesse, à chaque seconde, en train d'agir ainsi. Si l'on veut avoir une chance de voir vraiment ce qui se passe à l'intérieur de l'esprit et de réagir d'une manière qui soit réellement juste, il faut qu'on sache où l'on en est et qu'on se dise vraiment: "Je suis là, les choses sont comme cela, finalement ce n'est pas si mal, et je n'ai pas à souhaiter que cela change; pour l'instant, voyons où j'en suis." .


On pourrait croire qu'il faut adopter une attitude nombriliste : si l'on doit se préoccuper de l'ici et du maintenant, de ce que l'on est, de ce que l'on ressent, de toutes les raisons merveilleuses que l'on a d'être satisfait de son sort, on va s'asseoir et dire: "Comme c'est bien, comme c'est beau !" Non, car nous vivons et la vie est un processus dynamique dans lequel tout change à tout instant. Nous avons besoin des autres et de l'extérieur pour vivre, et si l'on ne regarde que soi, on se momifie.

L'attitude qu'il faut développer est ouverte sur les autres on est présent et attentif, on écoute, on voit ce qui va et ce qui ne va pas, on peut aussi souhaiter que cela aille mieux - et, dans le même temps, dans le même mouvement de l'esprit, il s'agit d'une attitude de retour sur soi-même, de la pratique du contentement qui évite de se lancer dans cet éternel déplacement vers le futur ou ce regret du passé. Il y a un mouvement vers l'extérieur dans lequel nous puisons l'essence même de notre expérience; ensuite, nous ramenons cela à nous, mais au lieu d'en faire la matière première de notre insatisfaction ou de notre agitation, nous en extrayons la sève pour réellement acquérir ce qu'on appelle l'expérience: nous goûtons vraiment l'instant et nous comprenons de mieux en mieux.

C'est dans ce va-et-vient incessant entre le monde extérieur et soi-même que l'on peut s'améliorer et développer la lucidité, la vacuité d'esprit et le jugement.

Lâcher prise devient le maître mot !

A quoi tout cela va-t-il servir ?

A comprendre et, en comprenant, à vivre beaucoup plus facilement.

Mettons que nous puissions être peu honnêtes avec nous-mêmes. Tout d'abord, nous voyons des choses qui ne sont peut-être pas très agréables: de la colère, de la jalousie, de l'orgueil, de l'avidité. Si nous avons le courage de nous dire : "Après tout, c'est normal, mais cela ne signifie pas qu'il faut que j'y cède", nous comprenons que tout cela est non seulement présent en nous, mais aussi chez les autres. Ce qui est en nous, nous pouvons y faire quelque chose: si nous nous apercevons que le fait de céder systématiquement à la colère ou de laisser notre orgueil s'enfler à un point tel que la moindre piqûre d'épingle nous fait exploser n'est pas très bon pour nous, nous pouvons le corriger.


"Je travaille sur moi, je deviens bon et eux, ils continuent !" C'est là justement qu'il faut reprendre les justes perspectives.

Le vent qui souffle fait plier les arbres, mais le vent en lui-même n'est pas notre ennemi: nous nous mettons à l'abri. Nous préférons tous le beau temps, l'air calme et la petite brise, mais quand il y a la tempête, nous ne déclarons pas la guerre à la météo parce qu'il ne fait pas le temps que nous souhaitons. De toutes façons, on n'y peut strictement rien. Pour les émotions des autres, c'est la même chose; les émotions sont des forces naturelles qu'ils ne contrôlent pas. Nous pouvons voir les autres comme des  ennemis, nous fâcher, réagir et réagir encore. Par contre, si l'on pense: "Tout cela est comme le vent, comme la pluie; ce n'est pas toujours agréable, mais je fais avec, je me couvre et me mets à l'abri", les gens qui nous entourent et nous "enquiquinaient" cessent d'être des ennemis, et nous vivons dans un monde en proie à des forces naturelles. Ces forces sont à l'intérieur de nous, elles sont à l'intérieur des autres, nous les contrôlons un petit peu, les autres pas toujours, c'est comme cela. Cela ne veut pas dire qu'on ne va pas faire ce qu'il faut pour se mettre à couvert ou pour désamorcer des situations qui pourraient devenir dangereuses; cela signifie qu'on est tout à fait conscient des limites de notre propre action et surtout qu'on n'exige pas des autres qu'ils changent. Cela serait complètement ridicule et rien ne sert de se mettre en colère après eux parce qu'ils sont ce qu'ils sont.

Lâcher prise devient le maître mot !

Revenons à ce que nous disions au début lorsque nous parlions d'équanimité. Nous possédons maintenant les outils pour parvenir à ce lâcher prise et à cette équanimité.

Il y a tout d'abord la prise de conscience que les autres existent et qu'ils sont semblables à nous. On s'aperçoit ensuite de notre saisie égocentrique: c'est le "moi, je" ; chez les autres aussi, existe ce "moi, je". Enormément de choses sont accomplies d'une manière maladroite parce que justement on ne tient pas assez compte de tout cela. On s'entraîne à voir ses émotions et à s'en défaire. Bien entendu, cela ne va pas se faire du jour au lendemain, parce que, depuis que nous sommes tout petits, nous avons fait le contraire, et ce n'est pas parce nous avons décidé que cela allait changer que demain cela sera changé !


Nous avons de mauvaises habitudes, nous pouvons en prendre des bonnes. Nous avons bien appris à nous laver les dents, nous pouvons aussi apprendre à être vigilants à ce qui se passe en nous-mêmes. On s'entraîne à se retrouver ici et maintenant et non pas il y a deux ans ou trente secondes, ou dans le futur quand on sera à la retraite ou en vacances, ou quand on aura le temps de penser!

On peut aussi se dire: "L'amour et la compassion ne sont pas du tout aussi ridicules que ces grands mots veulent bien le laisser paraître. C'est tout naturel." L'amour consiste à désirer que cela aille bien pour tout le monde, pourquoi souhaiterions-nous le contraire ? Il consiste à désirer que les êtres ne souffrent pas, pourquoi voudrions-nous qu'une souffrance soit entretenue ? Si on développe cela, on s'aperçoit tout naturellement que les choses qui nous rendaient malheureux et auxquelles nous étions complètement agrippés n'ont plus aucune espèce d'importance; nous n'en sommes pas diminués, au contraire nous sommes beaucoup plus heureux.

Le lâcher prise n'est pas un processus qui se fait comme cela, tout d'un coup. On s'y entraîne petit à petit, mais il faut commencer maintenant, sinon nous n'avons aucune chance d'y arriver. Ce n'est pas le fait d'êtres extraordinaires, c'est à la portée de chacun et on peut le faire maintenant.

Lâcher prise devient le maître mot !

Parler ne suffit pas, il faut passer à la pratique.

Nous vivons avec des gens que nous côtoyons tous les jours, et très souvent ce sont des gens que nous aimons. Pourtant, de temps en temps des nuages passent et on se dispute un peu. Nous avons tous connu la mauvaise humeur et le mal-être. Il est temps de se demander comment cela survient.


Quand on a une prise de bec avec quelqu'un, en règle générale, ce n'est pas à propos de quelque chose d'essentiel, mais pour un petit détail: "T'as encore pas plié ta serviette !"

De la façon dont on le dit dépend tout le reste. Si on a le malheur de dire: "T'as encore pas plié ta serviette" sur un ton excédé, il est un peu près certain qu'on passera une soirée intéressante! De la même façon, quand quelqu'un nous parle sur un ton qui ne nous plaît pas, nous réagissons et, en général, ce n'est pas tant la chose que l'on dit que la manière dont elle est dite qui justement provoque le drame. Et c'est l'accumulation de ces petites réactions qui détériore les relations.

Lorsqu'on est irrité par quelqu'un, il faut se demander pourquoi: "Pourquoi me tape-t-il sur les nerfs ? Pourquoi ai-je envie de lui rentrer dedans ou de lui dire quelque chose de pas gentil du tout ?" Si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous nous apercevons que c'est notre orgueil qui est touché. "Comment! Il ose me parler à moi sur ce ton-là! Moi qui suis son chef, son directeur ou son mari ou sa femme !" Nous voyons que derrière notre réaction, qui est une réaction tellement habituelle qu'elle nous paraît naturelle, se cache~t des émotions, en général la colère, la cupidité ou la jalousie.

Ce sont des choses toutes simples, mais nous ne les voyons pas et nous nous laissons aller à réagir.

A partir du moment où l'on fait l'effort de regarder et donc de voir, on peut désamorcer un certain nombre de choses, comprendre les réactions des autres - se dire: "ce qui parle en lui, c'est la colère, c'est la jalousie, c'est la cupidité" - et faire en sorte de ne pas se laisser immédiatement aller à ce genre de réactions.

Le fait de voir ce qui a été touché ou blessé en nous permet de replacer les choses dans leur contexte. Evidemment, ce n'est pas magique, mais petit à petit on finit par se référer à ce qui est réellement important.

Et si nous lâchons prise, les autres autour de nous vont eux aussi lâcher prise. Pour se prendre de bec, il faut être deux; si l'on arrête, l'autre ne peut pas vraiment continuer tout seul, ou alors c'est pathologique !


N'importe qui peut réaliser cela, à condition d'avoir un petit peu de méthode. Ce sont des habitudes, et tout comme l'hygiène corporelle cela commence le matin en se levant. Au moment où les choses ne sont pas très claires et où l'on est particulièrement irritable, c'est là qu'il est important de se dire: "Halte! Attention! D'abord, remettons-nous dans nos chaussures."

On prend un temps, après avoir bu son café par exemple, pour se retrouver ici et maintenant.

Nous avons vu que notre grand sport était de regretter ce qui n'est plus, d'espérer ce qui n'est pas encore et, entre les deux, d'être comme un élastique trop tendu. On prend donc quelques minutes pour être ici et maintenant et ne rien vouloir. On n'écoute pas les infos, on est là, tout bêtement présent, sans rien vouloir, sans rien se demander. Par contre, on ne s'endort pas et on ne rêve pas. Quelques minutes pendant lesquelles on se contente d'être là.

On s'aperçoit que pendant ces quelques minutes l'esprit a retrouvé son état naturel d'équilibre, condition sine qua non pour retrouver une certaine lucidité et voir ce qui se passe ici et maintenant. Pendant qu'on est dans cette grande clarté, on décide d'essayer de faire en sorte de ne pas envenimer les choses et on souhaite que tout aille bien pour tout le monde, soi-même compris. Si l'on peut, on fera même en sorte de donner un coup de main. Cela paraît n'être rien, mais il est essentiel de commencer la journée comme cela. C'est une habitude que l'on débloque. Et, peu à peu, on s'aperçoit qu'on reprend quelques secondes ou quelques minutes dans la journée pour se retrouver ici et maintenant, et non plus dans le passé ou dans le futur. Et cette motivation de faire que tout aille bien réapparaît aussi: on peut la réactiver dans la journée. Ce n'est pas très compliqué, c'est juste une bonne habitude à prendre qui est la clef de tout le reste.
 

On s'établit ainsi dans l'habitude d'être conscient de ce que l'on fait, d'être présent à ce que l'on fait.

Encore une fois, cela n'arrive pas d'un coup, car par moments on est complètement ailleurs. Cependant il y a de plus en plus de moments où l'on se dit: "Je suis là et qu'est-ce que je suis en train de faire ? Ce que je suis en train de faire est juste, ce n'est pas mal." On passe ensuite à un degré supérieur de conscience et de pratique. Lorsque les choses se font de la manière la plus juste possible, qu'on a évité autant qu'on pouvait la souffrance pour soi et pour autrui, qu'on a fait un travail utile non seulement à soi mais aussi aux autres, il y a de quoi être satisfait. Et lorsqu'on a quelque chose de beau ou de bien, pourquoi ne pas en faire cadeau ?

On éprouve de la gratitude, on reconnaît que c'était beau et on l'offre aux autres.

Offrir intérieurement paraît ridicule, c'est pourtant une attitude essentielle. A partir du moment où nous offrons, ce n'est plus notre chose et nous lâchons prise. A partir de là, nous ne pouvons plus être atteints et ce qui était bien ne peut plus être gâché.

 

C'est ce que nous allons faire maintenant: merci pour le fait d'être venu; merci pour le fait d'avoir pu nous réunir et de ne pas nous être endormis pendant tout ce temps! Avoir pu écouter et dire ces choses-là est important pour ceux qui les ont écoutées et pour ceux qui les ont dites et transmises, nous pouvons donc en faire cadeau. C'est un moment qui s'est passé du mieux possible; il n'a sûrement pas été parfait, mais chacun a fait de son mieux, nous pouvons donc l'offrir.

 

 

Jigmé Rinpoché

Lâcher prise devient le maître mot !

*Pour rappel :

L'équanimité est l'égalité d'âme, d'humeur, est une disposition affective de détachement et de sérénité à l'égard de toute sensation ou évocation, agréable ou désagréable. Du flegme des Stoïques qui restent égaux à eux même quels que soient les événements, naissent sagesse, détachement pour les choses matérielles et maitrise des émotions et jugements. De la considération de l'équalité de tous les êtres des Jaïns vient la non-violence (ahimsa) et le végétarisme. Upeksà, l'équanimité est un des 4 Incommensurables bouddhiste et devient le résultat d'une pratique spirituelle ou d'un cheminement de croissance personnelles. Ce détachement s'enracine et se stabilise par une acceptation de soi-même et de ses circonstances, passées ou actuelles, un lâcher-ptrise constant malgré les caprices de sa volonté et de sa réactivité personnelle, ainsi qu'une base de confiance dans le bien-fondé des données de la vie, par une intuition grandissante de leur nature réelle. Ces processus très variables auront fini par élaborer un apaisement intime de l'esprit devant tout désir...

 Dans ce contexte on entend équanimité comme impartialité, l'intention de bienveillance étant égale envers un proche comme envers un inconnu ou même quelqu'un de malveillant à notre égard. Elle nous permet d'être avec ce qui existe sans être perdu ou désespéré, sans prendre les choses personnellement ; c'est l'acceptation totale de ce qui est.

Mais ce n'est pas être indifférent ou passif. C'est lié à la compréhension, à l'ouverture et à la clarté. Nous pouvons savoir où, quand et comment agir. Ce n'est pas vouloir changer ou contrôler les choses selon nos souhaits. C'est accepter les choses simplement comme elles ont été jusqu'à présent. Nous passons beaucoup de temps à résister, à lutter, à rejeter, à ne pas accepter les situations et les gens. Pourtant tout est impermanent. Nous ne désirons que ce qui est plaisant, agréable et bénéfique, mais cela génère beaucoup d'anxiété et de souffrance. Si nous permettons aux choses d'être ce qu'elles sont, si nous les acceptons, nous ressentons alors une grande paix.

Avec l'équanimité, chaque instant est parfait, notre cœur s'ouvre à ce qui est plaisant, tout comme à ce qui est déplaisant. Nous sommes tolérants vis-à-vis de ce qui est désagréable. Par la pratique, l'équanimité se développe et nous devenons capables de lâcher prise, d'accepter et de voir les choses telles qu'elles sont réellement. La sagesse et la compréhension émergent tout naturellement.

Nous ne pouvons pas faire surgir ces qualités, ces facteurs d'illumination par notre volonté. Ils ne se développent que grâce à la pratique, à une motivation et une intention sincères, au désir d'être présent, avec patience. Quand ces qualités sont pleinement développées, l'esprit devient lumineux et clair, plein de joie, de paix et de liberté. Nous pouvons enfin vivre harmonieusement et heureux.